‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 4)Chapitre 79 sur 166 · LIVRE XVII. - 181S · texte numérisé non relu

LIVRE XVII. - 181S

wehrs et des parcs, elle sabra tout, et prit cette nombreuse artillerie, qui n’eut pas même le temps de se mettre en batterie. Mais les troupes à la queue de la colonne, s’étant ravisées, prirent position, et parvinrent à fermer le passage.

Si la garde eût suivi, Kleist, pris entre Saint-Cyr et la garde, mettait bas les armes, et Vandamme eût battu, le 30, les divers corps qui l’ont attaqué. Mais, bien plus, si la garde eût joint Vandamme le ‘29, pendant qu’il était victorieux, il aurait pu se porter en avant et se trouver ainsi au milieu de toutes les forces ennemies qui étaient sans organisation et dans une entière confusion, par suite des difficultés de la retraite. Toute l’artillerie marchait isolément. Les troupes descendaient par détachement, en suivant tous les sentiers praticables. 11 n’y avait pas, le 29, trente mille hommes à mettre régulièrement en bataille dans la plaine. C’était. un de ces coups de fortune, comme il en arrive en un siècle de guerre. Tout le matériel aurait été pris, et tout se serait dispersé. Des reproches réciproques auraient servi à tout dissoudre, à tout désorganiser. La fortune en a ordonné autrement; mais le seul coupable, et le véritable auteur de la catastrophe. c’est Napoléon.

Il convient maintenant d’examiner quelle inlluence a eue le maréchal Saint-Cyr sur cet événe-

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ment. Il pouvait en diminuer la gravité, et il n’est pas exempt de reproches. Il suivait Kleist, et arriva à Ehersdof. C’est de la hauteur, en avant de ce poste, qu’il vit l’événement du ÔO. S’il est arrivé le 20, il est coupable de n’avoir pas descendu le plateau et de ne s’être pas joint à Vandamme; s’il n’est arrivé que le 50 au matin, il ne pouvait pas déboucher; mais alors il est coupable d’avoir perdu de vue Kleist. En le suivant l’épée dans les reins il l’arrêtait, et la route de Péterswald restait libre au général Vandamme, et peut-être même l’enchaînement des circonstances aurait pu, Vandamme battu et se retirant, entraîner la perte de Kleist.

On a eu tort d’accuser Vandamme d’avoir montré, dans cette circonstance, trop de témérité. 11 s’était arrêté dans une bonne et excellente position en avant de Culm, position inexpugnable pour peu qu’il existe quelque proportion entre le nombre des combattants. J’ai depuis étudié ces lieux sur place, et j’ai acquis la conviction que Vandamme aurait pu s’y défendre un contre deux, et certainement il l’aurait fait; mais il y a des limites au possible. Je pense, au contraire, qu’on pourrait lui reprocher de la lenteur et peu d’ensemble dans sa marche. Ses troupes n’étaient pas réunies le 20; et, quoique maître de Culm le 29, avant midi, il

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