‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteurChapitre 154 sur 178 · LIVHE XXII. - PIÈCES JUSTIFICATIVES · texte numérisé non relu

LIVHE XXII. - PIÈCES JUSTIFICATIVES

un prétendu abus de pouvoir. Voyons maintenant ce qui s’est passé à Lyon.

« Je n’ai pas le projet de repousser des injures; mais je sens le besoin de prendre la défense de Français que l'on signale à la haine de leurs concitoyens sans qu’ils l’aient méritée. L’exposé de quelques faits préparera les esprits à la connaissance de tristes vérités, et il sera prouvé un jour que cette ville qu’on se plaît à présenter comme un foyer de troubles et de révoltes a éprouvé tous les maux que les malheurs de notre époque et l’esprit de persécution de quelques individus pouvaient réunir sur elle, sans que la masse de sa population ait cessé d’être résignée, fidèle, amie de l'ordre et de la paix.

« J’arrivai à Lyon le 5 septembre, muni des pou- • voirs les plus étendus pour les circonstances les plus extraordinaires. Je ne vis d’abord que les autorités. Toutes s’accordaient dans leurs récits. A les entendre, le danger avait été immense; on devait le salut de la ville et de la France à leur énergie; le peuple était comprimé par la terreur militaire, malgré le nombre et la fureur des factieux; leurs combinaisons embrassaient, disait-on, le monde entier, et les révolutions de Lisbonne et de Fernambouc, d’accord avec celle de Lyon, en étaient la conséquence. Depuis le 8 juin, on n’avait cessé de

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