‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteurChapitre 17 sur 178 · VU · texte numérisé non relu

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la société, et sont capables d’apprendre aux hommes pourquoi et comment ils existent. Esprits téméraires et aveugles, dont la pensée est de rendre tout uniforme, ils ne conçoivent pas que rien ne peut être absolu. Dans chaque ordre social, tout doit être relatif aux temps et aux circonstances particulières dans lesquelles chaque peuple se trouve placé. Etres dangereux, qui ne savent créer que des ruines et pour lesquels l’expérience est toujoure superflue, ces hommes, dans leurs abstractions, ne font jamais entrer les obstacles qui naissent de la nature des choses et du fmissemenl des intérêts. Ils oublient toujours quel rôle jouent tant de passions diverses qui se développent si facilement et d’une manière si capricieuse. Aussi deviennent-ils h perte des nations qui leur confient leurs destinées. Je n’attaque pas leur caractère. En général, leurs intentions sont pures; mais, si on peut et doit lire leurs ouvrages pour profiter de ce «[u’ils peuvent renfermer d’utile, il faut se défier de leur orgueil, de leur folle confiance, et se garder de leur donner du pouvoir, car il périra dans leure mains.

.M. de Talleyrand, homme léger, dont les conceptions n’ont jamais eu rien de complet, était un mauvais guide pour le roi dans de semblables circonstances et en pareille matière. Ixiuis XVlll fut

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