LIVRE XXI. - i8t4-i Ris. ?i
les confondre avec l’ouvrage des siècles. Alors tous les intérêts étaient représentés. Pour se rapprocher un peu des idées nouvelles, il fallait démuseler le Corps législatif, dont le mutisme complet avait porté atteinte à sa considération; il fallait donner à la presse la dose de liberté réclamée par les progrès des lumières et les besoins des sociétés actuelles. Or ces besoins ne dépassent pas la publicité des ouvrages, sous la responsabilité des auteurs. Aussi fallait-il bien se garder d'affranchir la presse périodique d’une censure. La censure peut seule mettre obstacle à la dissolution qu’une prédication constante et sans contrôle doit infailliblement opérer dans la société. Il fallait enfin rendre à l’anciénne noblesse ses titres. Ces trois choses-là exécutées, l’union était faite entre les Bourbons, les intérêts anciens et la France nouvelle. Aucune révolution n’était à craindre, et rien ne donnait prise aux mécontents, ni de prétexte aux projets coupables.
Au lieu de cela, Louis XVIII se livra d’une part aux intrigants, de l’autre aux doctrinaires, à ces hommes orgueilleux, de principes absolus, à ces hommes vains qui se croient destinés par la Providence à l’enseignement du monde, qui sont convaincus qu’avant eux tout était ténèbres ou obscurité, et qu’eux seuls comprennent les mystères de