LIVRE XXII. - PlfiLES JUSTIFICATIVES
« Vous n’ignorez pas non plus, monsieur le duc, que primitivement quelques ministres, par leurs opinions personnelles, avaient donné des armes aux détracteurs de ma conduite a Lyon, et vous ne pouvez pas trouver extraordinaire que j’aie ressenti vivement ce que cette marche avait de blessant pour moi.
« Au moment où le colonel Fabvier est attaqué en calomnie devant les tribunaux, devais-je garder le silence? 11 y aurait eu de la lâcheté, et, grâce à Dieu, il n’est pas dans ma nature de pouvoir m’en rendre coupable. Devais-je garder le silence pour être appelé en témoignage et jouer un rôle ridictde et forcé? Devais-je garder le silence pour être obligé d’intervenir plus tard dans cette affaire, qui peut changer de nature par la discussion dont elle sera l’objet, par la manière dont elle sera traitée suivant les passions ou les caprices des avocats, et voir mon nom mêlé avec des manifestations de principes qui ne seraient pas les miens et qui me placeraient dans une attitude opposée aux devoirs que j’ai à remplir? Non, sans doute. 11 fallait que je prisse un attitude convenable, et, pour cela, m’expliquer nettement aujourd’hui que la cause est simple, et c’est ce que j’ai eu l’intention de faire.
« Enfin, monsieur le duc, dans toutes les circon-
stances, ma démarche en faveur du colonel Fabvier était conforme aux convenances et aux règles de la plus stricte équité; mais elle est devenue un devoir impérieux pour moi aujourd’hui que le colonel Fabvier éprouve une injustice qu’il n’avait nullement méritée, et qui' lui fait perdre son emploi, et, par conséquent, tout son avenir. 11 ne peut certainement y avoir que l’intention de le punir de la conduite qu’il a tenue, quoiqu’il n’ait été mû que par des sentiments louables et généreux, qui puisse expliquer l’éloignement du corps de l’état-major d’un des ofliciers les plus distingués de l’armée française, d’une haute capacité, couvert de blessures, et qui a aussi donné des preuves irréfragables de sa fidélité au roi, puisqu’il est du très-petit nombre de ceux qui, quels qu’aient été les moyens de pouvoir et de séduction employés auprès d’eux, ont refusé toute espèce de serment pendant les Cent-Jours.
« Je vous demande, monsieur le duc, d’être assez bon pour mettre cette lettre sous les yeux du roi, afin qu’il connaisse bien tous les motifs qui m’ont dirigé dans cette circonstance.
« Kecevez, etc. »
^OTE KtCllFIC.VTlVE
A JOINDRF A I.A NOTICK SI h I.K l’tlINOK DE METTEnMCII .'Tome VI, iMae .T9I)
Le prince de Mellei nidi, comme le lui reproclie le duc de Uaguse, a pu être, en général, d’une faiblesse excessive envers la Russie en ce qui concerne la l'ülogne. Mais telle ne fut pas sou intention primitive. Un peu avant lestlent-Jours, la France, l’Angleterre et l’Autriche, ce qui veut dire MM. de ïalle) raml,Castelreaghet Metteruich, avaient signé un traité secret dirigé contre la Russie pour le cas où l’empereur Alexandre persisterait à mettre à exécution ses projets sur la Pologne. Napoléon, à son retour (le l ile d’Elbe, trouva l’original de ce traité aux Tuileries, parmi ces papiei-s si bien classés dont parle le duc de Raguse, et que M. de Blacas n avait pas jugé à propos de déranger. Napoléon communiqua ce traité à l’empereur de Russie, qui, jusqu’à ce moment, en avait complètement ignoré l’existence. Il n’est pas besoin de dire que cette circonstance et les événements de 1815 changèrent la [)oIitique de l’Autriche, de l’Angleterre et des Bourbons, et que ce projet fut misa néant.
u\ote de rKditevr.)
vm ni' Tom sKPriLSik.
TABLE DES MATIÈUES
UVKE VINCI KT r.MÈMK. — 18U-IX15
l.c jiouverneincnl provisoire qui précédais lle^tauralioii. — Le priini; de Talleyrand. — L'abbé Louis. — Beumonville. — Dupont. — Dessole. — L’abl>é de Montesqiiiou. — Jaucourl. — On veut détruire les restes de l’armée — Dénisrclies avec Ney et Macdonald.
— On m’introduit au conseil. — Débats violents. — Kxcuses de
l'abbé Louis I
Cocarde tricolore. — Fausseté de Talleyrand. — Conversation avec l'empereur Alexandre. — Intrigues de Talleyrand. — Fautes du Sénat. — Kntrée de Monsieur. — Entlioiisis'nie populaire. — Ce qu’il signifiait. — Napoléon part de KonUlnebleau. — Il est obligé
de se déguiser x
Situation des Bourbons. — Traité nionstnicux signé par Monsieur. — Arrivée de Ixtui.» .Wlll à Calais. — Délégués pour le receroir. — Réponse étrange qu'il nous fit. — Impression personnelle que me firent les Bourbons. — Louis XVIIl. — Madame la ducliesse d'Angou léine. — Les émigrés s’emparent de toutes les charges. . ■ ... 13
M. de Blacas. — Son portrait. — Le roi à Compiègne. — Paroles de Bemadotte. — Sa conversation avec Monsieur. — Cause iirécipitée du départ de Bernadotte. — Anecdote. — Ma franchise avec le roi.
— Aneolote sur Louis .WHI. — Déclaration de Siint-Ouen — Dis sertation sur l’opportunité de la Cliarte 21
ilti TABLE ÜES MATIÈRES.
Beusiiol Alice Joie. — Enlrée ilu roi k I*aris. — WalaJrcMiC vis-
i-Ms 11 vieille garde. — IdL'es fauiscs du roi. — l.’aisoii-lîouge. — Organitotion des gardes du corps. — Triste méeootenleiiienl des of-
lieicrs de l'amiée. — Avanccmeiil donné ani émigrés .>7
Louis XVlll. — Son porirail. — Anecdote sur son orgueil bourlioiiicn.
— Scs habitudes intimes. — Sa vie de ianiille. — Sa vie aux Tuileries. — Anecdote sur ce prince. — Séance royale du 4 juin. —
Kaiite à l’égard de Masséna 47
Les ducs d'Anguulème et de Berry. — Commencement de mes chagrins.
— Malheurs domestiques. — Châtillon. - Séjour qu’y fit Monsieur,
— Ani.i Jute. — üutiveriieurs militaires. — Conduite de Soiill dans
l’Oue«t. — AnecJiite sur lui. — Mauvaises mesures à l’égard de la garde impériale, — J'en exprime mon opinion. — Mesure impoli tiipie sur le changement des numéros des régiments. — Mécontentemenl général a . . 5ti
Conspiration contre le roi. — Soiilt remplace Dupont. — Insiirrcriion lies Irères bdlenianil. — Coinnienremeiit du parti d’Oiléaiis. — Le prétendu eoinpluldc rilcd’KIbe. — L’Empereur débari|ue Ici" mars.
Sa ni.irchc. — Mon opinion. — Ma conversation avec le roi. . . l£,
Ney envoyé pour coiiibattrc Najuiléon. — Séance royale. — Conduite de SquIU — Arrivée de l’Enipcreur i Auxerre. — Louis XVlll ordonne son dé|iart de Paris. — Fuite exorbitante. — Di'part du roi.
Opinion des provinces que nous tnversions. — Conduite des
g'ili'r.iul
Arrivée 4 Cand. — Conseils de M. de Blacas. — Le roi nomme un eunscil de ministres. — Üêeision du congrès île Vienne. — Dissertation sur la conduite de Napoléon 4 cette épiiqiie. — Anecdote su Napoléon et Dcercs, — Séjour àGandmiprés du roi Louis N VIII. —
Anecdote sur M. de Blacas. . . .
Ëclicc du due d’Angouléinc dans le Midi. — Conduite de fii-ouchy. —
Je quitte le roi, et je vais aux eaux d’Aix-la-Chapelle. — Je visite une hallcrie d’artillerie anglaise. — Singulière rencontre. — Anceiloie. — Coii.ii ciii eiiieiit de la guerre. — Batailles de Fleuras et de Ujifiv. — Déroule des Prussiens. — Mes sensations d’alors. — Je
rejoins le roi 113
Discussion sur la campagne de Waterloo. — BlOcber arrive devant p.iijs, — Il passe la Seine sous les yeux de Davoust — Capitulation de Paris. Itapprochement, — Le roi arrive 4 Saint-Denis. —
I- OUI hé entre au iniiiislère sous la protection de Monsieur. — Anec -
TABLE DES MATIÈRES. 417
ilote sur le roi. — Dernières illusions de Nspolèon. — Anecdotes direrses sur lui 118
CORRESI‘ü."iD.tNCE DU LIVRE VINGT ET UNlflMF..
Elirait du jaurn.d du comle W.ilbourg-Truclisess, oflicicr prussien, l'un des commissaires qui ont accumpiyiié Napoléon depuis son départ de
Fontainebleau jusqu’à son embarquement pour l'ile d'Elbe
Proclamation de S. M. l'Eiiipereur an peuple Irancais, au golfe de Juan.
Réponse du duc de Raguse à la proclamation datée du golfe de Juan,
le 1“* mars 1815
Pièces relatives aui opérations du collège électoral de la Cûte-il'Or.
dont le duc de Raguse était président.
la^ttre circulaire du duc de Raguse aux électeurs
Discours du duc de Kiguse, adressé eu collé[te électoral de lo Cète-d’Or le 122 août 1815 .161