LIVRE HW
ti'iinportance, revenait en les lui montrant sous leur véritabie jour. Depuis, Napoléon se rendit à la Malmaison, et là il eut une velléité prononcée de reprendre le commandement. Les dispositions des troupes semblaient s’y prêter. 11 envoya demander des chevaux sous un vain prétexte et dut s’adresser au duc de Vicence, tout à la fois grand écuyer et membre du gouvernement provisoire. Celui-ci, jugeant de l’intention, refusa les dhevaux. Napoléon dut recevoir une rude et une cruelle humiliation il’une semblable dépendance de la part d’un de ses serviteui's, d’un officier de sa propre maison. J'ai reçu ces détails de ceux mêmes qui étaient dans la confiance de Napoléon, et qui furent les intermédiaires de cette démarche. Napoléon prit la route de Rochefort; son voyage et les événements qui suivirent sont écrits partout, et je ne pourrais que répéter ce qui a déjà été -dit à cet égard.
Je citerai, avant de finir sur Napoléon, quelquesunes de ses réponses, dont plusieurs me sont relatives. Quelque temps après le ‘20 mars, le colonel Fabvier, resté en France, compatriote du général Drouot et lié avec lui, se plaignait de l’oubli de l’Empereur envers quelques officiers qui n’étaient pas employés, et de l’injustice des accusations qu’il avait portées contre moi dans sa proclamation.
152 MÉMUIRES RU DUC DE HAGUSE.
Drouut en parla à l’Empereur, qui lui ré|)ondil : « Je sais mieux qu’un autre tout ce qui s'est passé. Les circonstances m’ont fait une loi du langage que j’ai tenu; mais que les choses s’arrangent, et tout sera bientôt réparé. »
Une autre fois le général Clausel lui paria avec intérêt de ce qui me concernait. Il lui répondit: « Vous savez quelles sont les exigences de la politique. Ce que j’ai fait m’était commandé; mais que tout s’arrange, il nous reviendra et j’aurai grand plaisir à l’embrasser. »
Lorsque, deux jours avantla bataille de Waterloo, Bourmont passa à l’ennemi. Napoléon, en apprenant cette nouvelle, dit ces paroles au général Bernard « Mon cher, entre les bleus et les blancs c’est uno guerre à moit. Si les choses vont bien, tous les nôtres nous reviendront. » Il voulait parler du duc de Bellune et de moi.
Napoléon avait eu la plus grande répugnance à employer Bourmont. Ce ne fut qu’a près les demandes multipliées du- général Gérard, qui s’était fait son patron, qu’il y consentit, et, celui-ci ayant dit : O Sire, je réponds de lui sur ma tête, » Napoléon lui répondit : « Je vous l’accorde; mais je vous préviens d’avance que votre tête m’appartient. "
Un jour avant l’ouverture de la campagne, un rapport de police annonçait que je devais prendre