PICOTERIE DES PRINCESSES
Monsieur, le roi des tracasseries, entra dans celle-ci, qu'il trouva de part et d'autre trop forte ; Monseigneur s'en mêla aussi : il leur donna un dîner à Meudon, où M"* la princesse de Conti alla seule, et y arriva la première; les deux autres y furent menées par Monsieur. EUes se parlèrent peu, tout fut aride, et elles revinrent de toijs points comme elles étoient allées.
La fin de cette année fut orageuse à Marly. M"* la duchesse de Chartres et Madame la Duchesse, plus ralliées par Taversion de M°* la princesse de Conti, se mirent, au voyage suivant,^ à un repas rompu, après le coucher du Roi, dans la chambre de M"* de Chartres au château. Monseigneur joua tard dans le salon. En se retirant chez lui, il monta chez ces princesses, et les trouva qui fumoient avec des pipes qu'elles avoient envoyé chercher au corps de garde suisse. Monseigneur, qui en vit les suites si cette odeur gagnoit, leur fit quitter cet exercice ; mais la fumée les avoit trahies. Le Roi leur fit le lendemain une rude correction, dont M"* la princesse de Conti triompha. Cependant ces brouilleries se multiplièrent, et le Roi, qui avoit espéré qu'elles finiroient d'elles-mêmes, s'en ennuya, et un soir à Versailles, qu'elles étoient dans son cabinet après son souper, il leur en parla très-fortement, et conclut par les assurer que, s'il en entendoit parler davantage, elles avoient chacune des maisons de campagne où il les enverroit pour longtemps, et où il les trouveroit fort bien. La menace eut son effet, et le calme et la bienséance revinrent, et suppléèrent à l'amitié;