POUDRES CACHÉES PAR LES JÉSUITES
plus, un religieux de la maison, qui s'y retire par permission du supérieur, qui seul le visite de fois à autre. La vie y est plus austère que dans la maison, et dans une séparation entière. Ils viennent tous à Foffice le dimanche ,^ emportent leur provision du couvent; préparent seuls leur manger durant la semaine, ne sortent jamais de leur petite demeure, y disent leur messe, qu'ils sonnent et que le voisin qui entend la cloche vient répondre, et s'en retourne, sans se dire un mot. La prière, la contemplation, le travail de leur petit ménage, et à faire des paniers, partage leur temps, à l'imitation des anciennes laures*.
11 arriva une chose à Namur, après sa prise, qui fit du bruit, et qui auroit pu avoir de fâcheuses suites avec unautre prince que le Roi. Avant qu'il entrât dans la ville, où pendant le siège du château il n'auroit pas été convenable qu'il eût été, on ^'^sita tout avec exactitude, quoique par la capitulation les mines, les magasins, et tout en un mot eût été montré. Lorsque, dans une dernière visite après la prise du château, on la voulut faire chez les jésuites, ils ouvrirent, tout en marquant toutefois leur surprise, et quelque chose de plus, de ce qu'on ne s'en fioit pas à leur témoigi^age. Mais en fouillant partout où ils ne s'attendoient pas, on trouva leurs souterrains pleins de poudre dont ils s'étoient bien gardés de parler : ce qu'ils en prétendoient faire est demeuré incertain. On enleva leur poudre, et comme c'étoit des jésuites, il n'en fut rien.
Le Roi essuya, pendant le cours de ce siège, un cruel tire-lesse". Il avoit en mer une armée navale, commandée par le célèbre Tourville, vice-amiral; et les Anglois une autre jointe au,x Hollandois, presque du double supérieure. Elles étoient dans la Manche, et le roi d'Angleterre sur les côtes de Normandie, prêt à passer en Angleterre
1. Cellules des solitaires dans l'Orient, formant une sorte de village.
2. Vieux mot, que Ton écrit ordinairement tire-latase. Il exprimait lo désappointement d*un homme frustré d'une chose qu'il croyait ne pouvoir lui manquer.