‹ Mémoires du duc de Saint-Simon publiés (volume 2)Chapitre 85 sur 352 · SIÈGE £T PRISE DE CHARLEROY. [ 1693J · texte numérisé non relu

SIÈGE £T PRISE DE CHARLEROY. [ 1693J

ne voulut ni voir Praslin ni en entendre parler. Je fis rimpossible pour le ramener de cette folie ; il la poussa jusqu^à ne vouloir manger ni chez moi ni à ma halte, qu'il ne fût bien assuré que ce dernier n'y seroit pas, quoiqu'il n'oubliât rien pour l'apprivoiser. Non~seulement j'eus tout lieu de me louer de ce nouveau mestre de camp, mais l'amitié et la confiance se mirent entre nous, et n'ont fini qu'avec lui.

Après divers camps de repos, de subsistances, d'observations, l'armée s'approcha de Charleroy; le maréchal de Villeroy, avec une partie de l'armée, en fit le siège, et y ouvrit la tranchée la nuit du 15 au 16 septembre. M. de Luxembourg le couvrit avec l'autre partie de l'armée, de laquelle nous étions, mais assez près pour s'aller promener souvent au siège, et pour que les deux armées se communiquassent sans aucun besoin d'escorte. Le prince d'Orange ne songea pas à donner la moindre inquiétude. Le marquis d'Harcourt, avec son corps un peu renforcé, fut envoyé aux lignes que gardoit la Valette, vers où l'électeur de Bavière avoit marché avec un assez gros corps. Fort peu après, le prince d'Orange quitta l'armée, et s'en alla à Breda, puis chasser à Loo, et de là à la Haye. Charleroy battit la chamade le dimanche matin 11 octobre. On y perdit fort peu de monde, et personne de distinction que le fils aîné ' de Broglio, qui étoit allé voir le marquis de Crequy à la i tranchée. Gastille, qui commandoit à Charleroy, s'est M plaint de n'avoir point été secouru, contre la parole que le prince d'Orange et l'électeur de Bavière lui en avoient, donnée. Il obtint la permission de passer par la France pour aller en Espagne^ et ne veut plus servir sous eux. Boisselot, qui défendit si bravement Limerick en Irlande, eut le gouvernement de Charleroy sur-le-champ.

M. de Noailles prit Rose. Un gros détachement de soal armée alla joindre le maréchal Catinat, et la gendarnierii y fut aussi de l'armée du Rhin. Monsieur de Savoie faisoil mine d'assiéger Pignerol, et se contenta de le bombarder Tessé dedans, de prendre et de faire sauter le fort à

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