DE BARBEZIEUX ET DE SA FEMME
COCU, d'en vouloir donner les preuves, de ne le pouvoir,
et de n'en être cru de qui que ce soit. On n'a jamais vu
homme si enragé que celui-là de ne pouvoir passer
pour cocu. Tout ce qui se trouva ne fut qu'imprudences,
étourderies et folie d'une jeune innocente sottement
conseillée, qui veut ramener par où on les égare * ; et ce
fut tout. Mais Barbezieux, furieux, pe fut plus capable de
raison : il pria d'Alègre, par un courrier qu'il lui dépêcha
en Auvergne, de revenir sur-le-champ, et la lettre fut si
bien tournée, que d'Alègre, qui n'étoit pas un habile
homme, ne douta pas que ce ne fût pour quelque grand
avancement que son gendre lui procuroit. Il fut donc
étrangement surpris en arrivant, quand il apprit de quoi
il s'agissoit. Les séparer, il le falloit bien dans la crise où
l'affaire étoit tombée. M"* de Barbezieux étoit prisonnière
chez son mari et malade. Le mari prétendoit qu'elle la
faisoit, et vouloit la mettre dans un couvent; le père et
la mère la vouloient garder chez eux. Enfin, après un
grand vacarme, et pour fort peu de chose, le Roi, fort
importuné du beau-père et du gendre, décida que M"' de
Barbezieux iroit chez son père et sa mère jusqu'à entière
guérison, après laquelle ils la mèneroient dans un couvent
en Auvergne. Pour le bien, Barbezieux le remit tout entier,
et s'en rapporta à d'Alègre de ce qu'il conviendroit pour
l'éducation et l'entretien de ses deux fdles. On plaignit fort
d'Alègre, et sa fille encore plus, et on tomba rudement sur
Barbezieux. Ce qu'il fit encore de plus mal, ce furent les
niches de toutes les sortes qu'il s'appliqua depuis à fiiire à
d'Alègre, et d'y employer* l'autorité et le crédit de sa
charge.
1. Cette phrase incorrecte est conforme au texte du manuscrit.