‹ Mémoires du duc de Saint-Simon publiés (volume 3)Chapitre 123 sur 333 · CHAPITRE Xm · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xm

ndamnation à Rome du livre de Tarchevêque de Cambray. — Conduite / lu cardinal de Bouillon. — Belle réponse du duc de Beauvillier au loi. — Soumission illustre de l'archevêque de Cambray. — Aeceptaion du jugement du Pape par les assemblées d'évèques par métro- )oles en jugeant; enregistrement au Parlement. — Procédé de 'archevêque de Cambray et de l'cvêque de Saint-Omer en l'assemblée >rovinciale. — Mort du comte de Mailly, de Thury, de Frontenac, le Racine ; sa funeste distraction. — Mort du duc de la Force. — ITalincour mis à l'histoire du Roi en la place de Racine. — Mort de 'évêque de Luçon, Barillon. — Mariage du duc de Choiseul avec kl"* Brûlart. — Mariage du roi des Romains; pourquoi la part iifférée. — Style de s'écrire entre l'Empereur et le Roi. — Traitenent d'ambassadeurs de tête couronnée à l'ambassadeur du grandiuc à Vienne, nulle part ailleurs. — Naissance du prince de Piémont.

— Le Roi paye les dettes de Madame la Duchesse et de Monseigneur, ii loi double ses mois. — Augmentation de quarante-deux mille ivpcs d'appointements à M. de la Rochefoucauld. — Pension se- :rète de vingt mille livres à l'évêque de Chartres. — M. de Vendôme ïhange l'administration de ses affaires et va publiquement suer la rérole. — Mort de Savary, assassiné. — Mort de l'abbé de la Châtre.

— Le Roi fait revenir tous les prétendants de Ncuchâtel. — Deux rois au Roi fort étranges. — VaYni à la cour. — Feriol ambassaleur à Constantinople. — Situation du comte de Portland. — Courte lisgrâce de la comtesse de Gramont.

L'afiFaire de Monsieur de Cambray touchoit à son terme, faisoit pliis de bruit que jamais. Ce prélat faisoit tous i Jours (fuclque nouvel ouvrage pour éclaircir et soutep ses Maximes des saints, et y mettoit tout Tesprit imaaable. Ses trois antagonistes y répondoient chacun à rt. L'amertume à la fin surnagea de part et d'autre, et à xception de Monsieur de Paris, qui se contint toujours ns une grande modération, Monsieur de Cambray et îssieurs de Mcaux et de Chartres se traitèrent fort mal. Roi prcssoit le jugement à Rome, où, fort mécontent la conduite du cardinal de Bouillon à cet égard, il crut .ter l'affaire en donnant à M"* de Lévy le logement de )nsicur de Cambray à Versailles, et défendant à ce pré- 1 de plus prendre la qualité de précepteur des enfants de

France, dont il lui avoit déjà 6té les appointements, et le fit dire au Pape et à la congrégation établie pour juger. En effet, le cardinal de Bouilloti, lié, comme on Ta vu cidessus, avec Monsieur de Cambray, ses principaux amis, et les jésuites, quoique chargé des affaires du Roi à Rome, et recevant ordres sur ordres de presser le jugement et la condamnation de Monsieur de Cambray, mettoit tout son crédit à le différer et à éviter qu'il fût condamné. Il en reçut des reproches du Roi fort durs, qui ne lui firent pas changer de conduite au fond, mais qui lui firent chercher des excuses et des couleurs ; mais quand il vit enfin qu'il n'y avoit plus à reculer, il ne rougit point d'être solliciteur et juge en môme temps, et de solliciter contre les ordres du Roi, directement contraires, en faveur de Monsieur de Cambray, pour qui l'ambassadeur d'Espagne soUicitoit aussi au nom du roi son maître. Ce ne fut pas tout : le jour du jugement il ne se contenta pas d'opiner pour Monsieur de Cambray de toute sa force, mais il essaya d'intimider les consulteurs : il interrompit les cardinaux de la congrégation, il s'emporta, il cria, il en vint aux invectives, de manière que le Pape, instruit de cet étrange procédé et scandalisé à l'excès, ne put s'empêcher de dire de lui : È un porco ferito, c'est un sanglier blessé. Il s'enferma chez lui à jeter feu et flammes, et ne put même se contenir quand il fut obligé de reparoître. Le Pape prononça la condamnation, qui fut dressée en forme de constitution, et où la cour de Rome, sûre de l'impatience du Roi de la recevoir, inséra des termes de son style que la France n'admet point. Le nonce, qui la reçut par un courrier, la porta aussitôt au Roi, qui en témoigna publiquement sa joie. Le nonce parla au Roi entre son lever et la messe; c'éioit un dimanche 22 mars. Le Roi, revenant de la messe, trouva M. de Beauvillier dans son cabinet pour le conseil, qui alloit se tenir. Dès qu'il l'aperçut, il fût à lui, et lui dit : a Eh bieni M. de Beauvillier, qu'en direzvous présentement? voilà Monsieur de Cambray condamné dans toutes les formes? — Sire, répondit le duc d'un ton

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