‹ Mémoires du duc de Saint-Simon publiés (volume 3)Chapitre 137 sur 333 · COMTESSE DE GRAMONT · texte numérisé non relu

COMTESSE DE GRAMONT

noît pas la peine de les ramasser, et montroit de son côté à M"* de Maintenon, par son peu d'empressement pour die, qu'elle ne lui rendoit le peu qu'elle faisoit que par respect pour le goût du Roi. Ce voyage donc, que M"* de Maintenon tâcha de mettre à profit, ne mit la comtesse qu'en pénitence, non en disgrâce : elle, qui étoit toujours de tous les voyages de Marly, et partout où le Roi àlloit, n'en fut point celui-ci. Ce fut une nouvelle. Elle en rit tout bas avec ses amis; mais d'ailleurs elle garda le silence, et s'en alla à Paris. Deux jours après, elle écrivit au Roi par son mari, qui avoit liberté d'aller à Marly, mais elle n'écrivit ni ne fit rien dire à M"* de Maintenon. Le Roi dit au comte de Gramont qu'il cherchoit à justifier sa femme, qu'elle n'avoit pu ignorer ce qu'il pensoit d'une maison toute janséniste, qui est une secte qu'il avoit en horreur. Fort peu après le retour à Versailles, la comtesse de Gramont y arriva, et vit le Roi en particulier chez M'* de Maintenon; il la gronda; elle promit qu'elle n'iroit plus à Port-Royal, sans toutefois l'abjurer le moins du monde : ils se raccommodèrent, et au grand déplaisir de M"* de Maintenon, il n'y parut plus.

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