‹ Mémoires du duc de Saint-Simon publiés (volume 3)Chapitre 136 sur 333 · SITUATION DU COMTE DE PORTLAND · texte numérisé non relu

SITUATION DU COMTE DE PORTLAND

:e qu'il avoit vu et de la bonne réception qu'il avoit •eçue. En ce même temps, Feriol s'en alla relever Châeauneuf, notre ambassadeur à Constantinople, en la môme [ualité. ^

On sut que Portland n'avoit pas eu tort à Paris d'être Y/^ • în peine de la faveur naissante de Keppel, Hollandois îomme lui, mais jeune, hardi et bien fait, que le roi TAngleterre avoit fait comte d'Albemarle : la jalousie îclata à son retour, et la froideur se mit entre lui et son naître. 11 remit toutes ses charges et ses emplois, passa în Hollande, et dit au roi d'Angleterre que ce seroit en :e pays-là où il se rés^rvoit à lui faire sa cour. Peu après e roi d'Angleterre y passa aussi comme il faisoit toutes les mnées. 11 s'y rapprocha de son ancien favori, le remena * ivec lui en Angleterre, où il continua d'être chargé, comme levant des principales affaires ; mais il ne reprit point ses iharges ni sa faveur première, et Albemarle demeura iffermi dans la sienne.

Le Roi, qui passoit toujours à Versailles l'octave du )aint-Sacrement, à cause des deux processions et des ialuts, alloit aussi toujours à Marly après le salut de octave. 11 découvrit cette année que la comtesse de Granont avoit été passer quelques jours de cette octave à •ort-Royal des Champs, où elle avoit été élevée, et pour equel elle avoit conservé beaucoup d'attachement. C'étoit m crime qui pour tout' autre auroit été irrémissible, nais le Hoi avoit personnellement pour elle une vraie onsidération, et une amitié qui déplaisoit fort à M"* de dainlenon, mais qu'elle n'avoit jamais pu rompre, et ju'elle souffroit parce qu'elle ne pouvoit faire autrement. ïMe ne laissoit pas de lui montrer souvent sa jalousie par les traits d'humeur, quoique mesurés, et la comtesse, . jui étoit fort haute et en avoit tout l'air et le maintien, ivec une grande mine, des restes de beauté, et plus d'es- )rit et de grâces qu'aucune femme de la cour, ne se don-

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