I.e munuscrit porte bien fut^ à riudicutif
222 FORTUNE DE POXTCHARTRAIN, [1699]
marquer par quelque mot que cela ne lui étoît point agréable.
Voysin et sa femme, dans la faveur de M"* de Maintenon depuis qu'elle avoit logé chez eux, aux voyages du Roi en Flandres, dont il étoit l'intendant, n'étoit pas encore mûr à beaucoup près.
Pelletier de Sousy, conseiller d'État, et tiercelet de ministre par un travail réglé avec le Roi une fois par semaine, par Marly, où ce môme travail lui procuroit de coucher, et par la distinction de paroître comme eux * la canne à la main sans manteau, avoit reçu une entorse de la probité de son frère, quand il quitta la place de contrôleur général et que le Roi, pour l'obliger, lui proposa de la donner à Sousy, qui * le fixa pour toujours où il étoit. Son fils avoit eu sa place d'intendant des finances. Le Roi le trouvoit bien établi, avec raison, et ne songea pas un moment à lui.
D'autres à portée des sceaux, il n'y en avoit point Le premier président, seul véritable antagoniste, étant exclu, le choix du Roi fut bientôt fait. L'habitude y contribua, et M"" de Maintenon acheva d'y déterminer son goût, qui lui fut toujours favorable dans les [temps] mômede nuages et de brouillards.
M. de Pontchartrain étoit petit-fils du premier Phélypeaux, qui fut secrétaire d'État à la place de Forget, sieur de Fresne, trois semaines avant la mort funeste d'Henri IV, par le crédit de la Reine sa femme, dont il étoit secrétaire des commandements. Il mourut en 1621, pendant le siège de Montauban. Son fils eut sa charge , mais comme il n' avoit que huit ans, d'Herbault, frère aîné de son père, l'excrra par commission, et se la fit donner après en titré, dépouillant son neveu. La Vrillicre, son fils, l'eut après lui, et de père en fils elle leur est demeurée. Le neveu dépouillé fut conseiller au Parlement, puis président en la
chambre des comptes à Paris, et mourut dans cette charge
•I . Comme les ministres.
± Ce qui.
en 1685. Il fut un des juges de M. Foucquet, que Ton tira tous des diverses cours supérieures du royaume. Sa probité fut inflexible aux caresses et aux menaces de MM. Colbert, le Tellier et de Louvois, réunis pour la perte du surintendant : il ne put trouver matière à sa condamnation, et par cette grande action se perdit sans ressource. Il étoit pauvre; tout son désir et celui de son fils, dont il s'agit ici, étoit de faire tomber sa charge sur sa tête en s'en démettant : la vengeance des ministres fut inflexible à son tour; il n'en put jamais avoir l'agrément; tellement que ce fils demeura dix-huit ans conseiller aux requêtes du Palais, sans espérance d'aucune autre fortune. Je le lui ai ouï dire souvent, et combien il étoit affligé d'être exclu d'avoir la charge de son père. 11 logeoit chez lui avec sa femme, fille de Maupeou, président ajix enquêtes, n'avoient qu'un carrosse pour eux deux, et lui un cabinet pour travailler, où on entroit du haut du degré, sans rien entre-deux, et couchoient au second étage. Sa mère, qui étoit morte en 1653, étoit fille du célèbre TaIo.n, avocat général au Parlement, puis conseiller d'État, qui a laissé des Mémoires si curieux et si rares des troubles de la minorité • en forme presque de journal.
Mon i»ère étoit ami des Talons et des Phélypeaux, et lui et ma mère ont vu cent fois MM. de Pontchartrain, père et fils, vivant comme je le remarque. Le fils avoit un frère et deux sœurs : le frère fut conseiller au grand conseil, puis maître des requêtes, bon homme et fort homme d'honneur, nniis qui seroit demeuré toute sa vie majtre des rcquiHt's, sans la fortune de son aîné, qui le fit cons«*iller d'État et intendant de Paris; les sœurs épousè- HMJt, l'aînée M. liignon, avocat général au Parlement après son cch'hre père, puis conseiller d'État, celui qui, par amitié et sans parenté, voulut bien être mon tuteur lorsqu'à la inurt de ma sœur je fus son légataire universel; l'autre sœur épousa M. Habert de Montmort, conseiller au Parlement, fils de celui qui fut un des premiers