‹ Mémoires du duc de Saint-Simon publiés (volume 3)Chapitre 163 sur 333 · J MORT DE LA COMTESSE DE FIESQUE · texte numérisé non relu

J MORT DE LA COMTESSE DE FIESQUE

feroient immanquablement réussir Tafifaire, une jolie figure, bien élevée, et d'un âge à souhait. Après une description si détaillée, le comte de Fiesque la pressa de nommer cette personne en qui tant de choses réparoient la naissance; la comtesse lui dit que c'étoit la fille de Jacquier, qui étoit un homme connu de tout le monde, et qui s'étoit acquis Testime et Tafifection de M. de Turenne, les armées duquel il avoît toujours fournies de vivres, et s'étoit enrichi. Voila le comte de Fiesque à rire de tout son cœur, et la comtesse à lui demander, en colère, de quoi il rioit, et si elle^ trouvoit ce parti si ridicule. Le fait étoit que Jacquier n'eut jamais d'enfants. La comtesse, bien surprise, pense un moment, avoue qu'il a raison, et ajoute en même temps que c'est le plus grand dommsige du monde, parce que rien ne lui eût tant convenu. Elle étoit pleine de semblables disparates, qu'elle soutenoit avec colère, puis en rioit la première; on disoit d'elle (ju'elle n'avoit jamais eu que dix-huit ans. Elle étoit veuve, dès 1640, de M. de Piennes Brouiily, tué à Arras, dont elle n'eut qu'une fille, mère de Guerchy. Les Mémoires de Mademoiselle, avec qui elle passa toute sa vie, souvent en vraies querelles pour des riens, et sans toutefois pouvoir se passer Tune de l'autre, la font très-bien connoltre. EUe if eut ni frère ni sœur, et son père étoit aîné de oehii de Beuvron.

Une autre mort fit plus de bruit, et laissa un grand vide pour le conseil et pour les honnêtes gens; ce fut celle de Pompone, fils du célèbre Arnauld d'Andilly et neveu du fameux M. Arnauld. Cette famille, illustre en science, en piété, et par beaucoup d'autres endroits, n'a pas besoin d'être expliquée ici : elle Test par tant de beaux ouvrages que je m'en tiendrai ici à M. de Pompone. M. d'Andilly, par ses emplois, et par l'amitié dont la Reine mère l'honoroit, avant et niônic depuis sa retraite à Port-Royal des Chanips, nial^Té les tempêtes du jansénisme, fit employer son fils des sa première jeunesse en plusieurs afifaires

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