‹ Mémoires du duc de Saint-Simon publiés (volume 3)Chapitre 167 sur 333 · CHANGEMENTS D'AMBASSADEURS · texte numérisé non relu

CHANGEMENTS D'AMBASSADEURS

sien toutes les lumières et toute Finstruction qu'il put, dont Torcy sut bien profiter. M. de Pompone lia une amitié étroite avec M. de Beauvillier; la confiance étoit intime entre eux et avec le duc de Chevreuse. Il fut aussi fort uni avec Pelletier, et honnêtement avec les autres ministres ou secrétaires d'État. Il mourut le 26 septembre de cette année, à Fontainebleau, à quatre-vingt-un ans, dans le désir depuis longtemps de la retraite, que Fétat de sa famille ne lui avoit pas encore permis. Sa tête et sa santé étoient entières; il n'avoit jamais été malade : il mangea un soir du veau froid et force pêches; il en eut une indigestion qui remporta en quatre jours. Il reçut ses sacrements avec une grande piété, et fit une fin aussi édifiante que sa vie. Torcy, son gendre, eut les postes, et sa veuve douze mille livres de pension. C'étoit une femme avare et obscure, qu'on ne voyoit guère. Elle avoit unesœur charmante par son esprit, par ses grâces, par sa beauté, par sa vertu, femme de M. de Vins, qui étoit lieutenant général, et qui eut les mousquetaires noirs. Ils avoient un fils unique, beau, aimable, spirituel comme la mère, avec qui j'avois été élevé. M. de Pompone étoit ami particulier de mon père, et ils logeoient chez lui. Ce jeune homme fut tué à Steinkerque, à sa première campagne. Le père et surtout la mère ne s'en sont jamais consolés, et elle n'a presque plus voulu voir personne depuis, absorbée dans la douleur et dans la piété tout le reste de sa longue vie. Je regrettai extrêmement son fils. M. de Pompone ne fut pas heureux dans ceux qui se destinèrent au monde : le cadet, qui promettoit, fut tué de bonne heure, à la tête d'un régiment de dragons; l'aîné, épais, extraordinaire, avare, obscur, quitta le service, devint apoplectique, et fut toute sa vie compté pour rien, jusque dans sa famille; Tabbé de Pompone fut aumônier du Roi : il se retrouvera occasion d'en parler.

Le Roi revint de. Fontainebleau, et nomma Briord ambassadeur à la Haye, en la place de Bonrepaus, qui demanda à revenir, et Phélypeaux,' lieutenant général, qui

-«jipl. , A?-»^-^,.^^^

-•/^^i.^ wî^^

^IL^.^ ^^-.-^, /^*^i

^'^v' /'<»^A^,, .^ ^:^ /^^,'aLf.^^^^ a^^

<?v^^^»^^ ^af4

^. /-^ /n^s^^eJ^^^^ /<^/%T^

A >^-0->^^/. /^^ X^-^ y*/^ nZ-^^r^ /-iS-^-T-V-

^ ^>-»-. àf^Tt^ ^L. /^^-T-

-fyt t-w^:.,, u«>ii

Page 1