‹ Mémoires du duc de Saint-Simon publiés (volume 3)Chapitre 197 sur 333 · ALTESSB REFUSÉE A M. DE MONACO · texte numérisé non relu

ALTESSB REFUSÉE A M. DE MONACO

En voici une de plus de conséquence : on a tu ailleor» Torigine d*hier de la princerle de M. de Monaco, et de sa prétention de V Altesse^ et combien cette chimère Fisola à Rome, et y nuisit aux affaires du Roi, par les entrayes qu'elle mît au commerce le plus nécessaire de Fambassadeur. Lassé de la résistance, il imagina de refuser T^accellence à qui il la devoit qui ne lui donneroit pas Y Altesse^ et par là fit qu'aucun d'eux ne le vit plus, jusqu'au duc Lanti et au prince Vaîni, dont la France avoit fait la moderne et légère élévation. Ce qui est difficile à comprendre est comment le Roi le souffrit à son ambassadeur, et comment il préféra la fantaisie toute nouvelle, éclose d'un' homme qui n'étoit ni favori ni ministre intérieur, au suc^ ces de ses affaires, qui en reçurent des entraves continuelles. Cette situation des deux hommes chargés des affaires à Rome, l'un comme cardinal, l'autre comme ambassadeur, hâta le départ de nos cardinaux. La santé du Pape avoit fort menacé, et leur avoit fait ordonner de se tenir prêts; elle étoit devenue moins mauvaise, et ila n*étoient plus pressés de partir, lorsque cet incident fit prendre le parti de les envoyer à Rome. Mais il n'en partit que deux, Estrées et Goislin. Le premier étoit parent proche de Monsieur de Savoie, dont la mère étoit fille du duc de Nemours, beau-frère aine de notre exilée à Golomicrs, et de la fille du duc de Vendôme, Mtard d'Henri IV et de la belle Gabrielle, sœur du maréchal d'Estrées, père du cardinal. 11 s'étoit toujours tenu en grande liaison avec Madame Royale. Il s'arrêta à Turin en passant; mais il y avoit déjà quelque teiâps que Monsieur de Savoie, ennuyé de la hauteur des cardinaux, n*en vouloit plus voir aucun, tellement qu'il ne vit le cardinal d'Estrées que chez Madame sa mère et chez Madame sa femme. Le cardinal le Camus n'étoit point rentré en grâce depuis sa promotion à l'insu du Roi, et que sans sa permission il eut pris la calotte à Grenoble, et se fut contenté de le mander au Roi. Il n'eut jamais depuis la permission de sortir de son diocèse, que pour aller à Rome à la mort

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