‹ Mémoires du duc de Saint-Simon publiés (volume 3)Chapitre 214 sur 333 · Espérait de placer · texte numérisé non relu

Espérait de placer

soumissions à ses ordres, Tétat exagéré du cardinal Gîbo ; qu'il ne pouvoit croire qu'il le voulût priver du décanat, ni ses sujets de Fhonneur et de favantage d'un doyen françoîs; que, dans cette persuasion, il alloit demander au Pape un bref pour lui assurer le décanat en son absence; qu'il partiroit dans Tinstant qu*il Tauroit obtenu, et qu'en attendant il alloit faire prendre les devants à tous ses gens , et se renfermer, comme le plus petit particulier, dans le noviciat des jésuites, sans aucun commerce avec personne que pour son bref. 11 se conduisit en effet de la sorte, et demanda ce bref, qu'il se doutoit bien qu'il n'obtlendroit pas, mais dont il espéroit faire filer asstîz longtemps Tespérance et les prétendues longueurs pour atteindre à la mort du cardinal Cibo, ou à celle du Pape môme, qui menaçoit ruine depuis longtemps. Laissons-le pour un temps dans ces ruses, qui lui devinrent funestes, pour ne pas trop interrompre la suite des événements.

M** de Soubise fut si bien servie à Strasbourg, et l'autorité du Roi appuya si bien à l'oreille l'argent qui fut répandu, que l'abbé de Soubise fut élu tout d'une voix ooadjuteur de Strasbourg. Le rare fut que ce fut en présence de l'abbé d'Auvergne, qui, comme grand prévôt du chapitre, dit la messe du Saint-Esprit avant l'élection. La colère du Roi fit peur aux Bouillons; leur rang, et leur échange encore informe, et non enregistré au Parlement, ne tcnoit qu'à un bouton : ils virent de près l'affaire sans ressource, et ils tâchèrent à se sauver de la ruine de leur frère par cette bassesse.

En niùnic temps, et je ne sais si ce fut une des conditions du marché, M'* de Soubise, toujours mal avec le duc de Hohan, son frère, s'étoit raccommodée avec lui, et en avoit fait tous les pas, pour faire le mariage de sa fille ainée avec le comte de la Marck, fils de la comtesse de Furstcmbcrg, qui n'avoit quoique ce fût en France, où il ^*éloit mis dans le service, cbloncl d'un des régiments que le Koi eulretenoit fort chèrement au cardinal de Furhteniberg, desquels il lui laissoit la disposition, et dont

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