CHUTE DE LA REINE D*£SPAGNE
tenir le choc dans Tétat de dépérissement où elle Toyoît le roi d'Espagne, et se trouva heureuse d'emporter en Allemagne les trésors qu'elle avoit acquis, pour ne s*exposer point aux événements d'une révolution en un pajs où elle étoit si haïe, et d'emmener sa fille, à qui le dernier effort du crédit de la Reine fut de faire donner une promesse du roi d'Espagne par écrit d'un collier de la Toison d*or à quiconque elle épouseroit. Avec cela la Ber* lips partit à la hâte, traversa la France, et se retira de façon qu'on n'en entendit plus parler. G'étoit un coup da partie.
La Reine, bonne et peu capable, ne pouvoit rien tirer d'elle-même; il lui falloit toujours quelqu'un qui lagoavernàt. La Berlips, pour régner sur elle à son aise, s'étoit bien gardée de la laisser approcher, tellement que, privée de cette favorite, elle se trouvoit sans conseil « sans secours, et sans ressource en elle-même, et le temps selon toute apparence trop court pour qu'un autre etX le loisir de Tempaumer assez pour la rendre embarrassante pendant le reste de la vie du Roi. Ce fut pour achever de se mettre en liberté à cet égard que, de concert encore avec le public, qui gémissoit sous le poids des Allemands du prince de Darmstadt, qui maitrisoient Madrid et les environs, le conseil fit encore un tour de force en faisant remercier ce prince et licencier ce régiment. Ces deui coups, et si près à près, atterrèrent la Reine, et la mirent hors de mesure pour tout le reste de la vie du Roi. Porto* carrero, Villafranca et S. Estevan, les trois conseillers d'État seuls du secret, induisirent habilement les autres à chasser la Berlips et le prince de Darmstadt, qui pour k plupart s'y portèrent de haine pour la Reine et pour ses deux bras droits; et le peu qui lui étoîent attachés, comme Tamirante par cabale, et Veragua par politique, flirent entraînés, et apprirent à quitter doucement la Reine par l'état où ce changement la fit tomber. Ces deux grands pas faits, S. Estevan, qui ne quitta jamais le cardinal d*aa moment tant que cette grande affaire ne fut pas consom-