SURPRISE DU ROI £T DE SES MINISTRES
il ne resta pas une créaiuret ni à lui un autrichien qui se Tosàt montrer. Harcourt, en ouvrant les dépêches du Roi à Bayonne, demeura interdit. Il sentit bien alors que les propositions que Tamirante lui avoit faites de la part de la Reine étoient de gens clairvoyants, non pas elle, mais lui, qui craignoient que les choses ne prissent ce tour par le grand intérêt des principaux particuliers, et qui, à tout hasard du succès, vouloient faire leur marché. Ù eût bien alors redoublé les regrets de son retour, çt de la défense qu*il reçut d'entrer en rien avec Famirante, sMI n'eût habilement su tirer sur le temps, et profiter de la pi^tection de M** de Maintenon pour emporter à Bayonne une promesse, dont il se mit à hâter raqcomplissement.
La surprise du Roi et de ses ministres. fut sans pareilla. Ni lui ni eux ne pouvoient croire ce qu'ils lisoient dans la dépêche de Blécourt, et illeur fiUlut plusieurs Jours pour en revenir assez pour être en état de délibérer sur une aussi importante matière. Dès que la nouvelle devint publique, elle fit la même impression sur toute la cour» et les ministres étrangers percèrent^ les nuits à conférer et à méditer sur le parti que le Roi prendroit, et sur les intérêts de leurs maîtres, et gardoient à Fextérieur un grand silence. Le courtisan ne s*occupoit qu'à raisonner» et presque tous alloient à Tacceptation. La manière ne laissa pas tren être agitée dans les conseils, jusqu'à y raisonner de donner la comédie au monde, etdefairedisparoltrele duc d*Anjou sou» la conduite du nonce Gualterio, qui l'emmèneroit en Espagne. Je le sus, et Je songeai à être de la partie. Hais ce misérable biais fut aussitôt rejeté, par la honte d'accepter à la dérobée tant de couronnes offertes, et par la nécessité prompte de lever le masque, pour soutenir l'Espagne, trop foible pour être laissée à ses propres forces. Comme on ne paiioit d'autre chose que du parti qu'il y avoit à prendre, le Roi se divertit an soir dans son cabinet à en demander leur êvis aux princesses. Elles
1. 11 y a bien percèrent au manascrll : VQ|«S d-dettof, p. M8, où nonf
avou:», à tort, imprimé' perdêHm