DÉCLARATION DU ROI D'ESPAGNE
c'étoit Tordre du Ciel ; je Fai accordé avec plaisir ; » et » tournant à son petit-fils : « Soyez bon Espagnol, c*est présentement votre premier devoir, mais souvenez-vous que vous êtes né François, pour entretenir Funion entre les deux nations; c'est le moyen de les rendre heureuses et de conserver la paix de TEurope. » Montrant après du doigt son pctit-fils à Tambassadeur : « S'il suit mes conseils, loi dit-il, vous serez grand seigneur, et bientôt; il ne sauroit mieux faire présentement que de suivre vos avis. »
Ce premier brouhaha du courtisan passé, les deux antres fils de France arrivèrent, et tous trois s'embrassèrent tendrement et les larmes aux yeux à plusieurs reprises. Zinzendorf, envoyé de TEmpereur, qui a depuis fait nne grande fortune à Vienne, avoit demandé audience, dans rignorance de ce qui se devoit passer, et dans la même ignorance attendoit en bas, dans la salle des ambassadeurs, que l'introducteur le vînt chercher, pour donner part de la naissance de Tarchiduc, petit-fils de l'Empereur, qui mourut bientôt après. 11 monta donc sans rien savoir de ce qui vcnoit de se passer. Le Roi fit passer le nouveau monarque et l'ambassadeur d'Espagne dans ses arrièrecabinets, puis fit entrer Zinzendorf, qui n'apprit qu'en sortant le fâcheux contre-temps dans lequel il éloit tombé. Ensuite le Roi alla à la messe à la tribune, à Tordlnaire, mais le roi d'Espagne avec lui et à sa droite. A la tribune, la maison royale, c'est-à-dire jusqu'aux petits-fils de France inclusivement, et non plus, se mettoient à la rangette et de suite sur le drap de pied du Roi; et comme là, à la différence du prié-Dieu >, ils étoient tous appuyés comme lui sur la balustrade couverte du tapis, il n'y avoit que le Roi seul qui eût un carreau par dessus la banquette, et eux tous étoient à genoux sur la banquette couverte du môme drap de pied, et tous sans carreau. Arrivant la
1. Voyez tome I, p. 30, note 1; nous écrivons pri^.D*«i lorsqu*!! ifagU^ la chaist; où l'on s'agonouille, et prié-Dieu lorsqu*U 8*agitde la cérémonie; Saint-Simon éciit souvient prié-Dieu dans Tun comnie ^^^i^ raulre c'était de son temps l'orthographe la plus approuvée.