SON TRAITEMENT
tribune *, il ne se trouva que le carreau du Roi, qui le prit et le présenta au roi d'Espagne, lequel n'ayant pas voulu Taccepter, il fut mis à côté, et tous deux entendirent la messe sans carreau; mais après il y en eut toujours deux quand ils alloient à la même messe, ce qui arriva fort souvent.
Revenant de la messe, le Roi s'arrêta dans la pièce du lit du grand appartement, et dit au roi d'Espagne que désormais ce seroit le sien; il y coucha dès le même soir, et il y reçut toute la cour, qui en foule alla lui rendre ses respects. Viliequier, premier gentilhomme de la chambre du Roi, en survivance du duc d'Aumont, son père, eut ordre de le servir; et le Roi lui céda deux de ses cabinets, où on entre de cette pièce, pour s'y tenir lorsqu'il seroit en particulier, et ne pas rompre la communication des deux ailes, qui n'est que par ce grand appartement*
Dès le même jour on sut que le roi d'Espagne partiroit le i" décembre, qu'il seroit accompagné des deux princes ses frères, qui demandèrent d'aller jusqu'à la frontière, que M. de Beauvillier auroit l'autorité dans tout le voyage sur les princes et les courtisans, et le commandement seul sur les {^Milles, les troupes, les officiers et la suite, et qu'il régleroil et disposeroit seul de toutes choses. Le maiéchalduc de Noailles lui fut joint, non pour se mêler, ni ordonner (U* quoi que ce soit en sa présence, quoique maréchal de France et capitaine des gardes du corps, mais [)our le siip[)léer en tout en cas de maladie ou d'absence du lieu où seroient les princes. Toute la jeunesse de la cour, de V'à^ii à pcMi près des princes, eut permission de faire le voyage, et beaucoup y allèrent, ou entre eux ou dans les carrosses d(î suite;. On sut encore que de Saint-Jean de Luz, aprrs la séparation, les deux princes iroient voir la Provence «t h» Languedoc, passant par un coin du Dauphiné, qu'ils nîviendroient par Lyon, et que le voyage ^eroit (1(! (juatre mois. Cent vingt gardes, sous Vaudreuil lieutenant, et Montesson enseigne, avec des exempts, fu-