AFFAIRE DE YAÎNI 1 ROME
bassesse de donner Y Altesse au cardinal de Bouillon aroit valu Tordre sans que le Roi s*en fût douté. Sa naissance ctoit très-commune, son mérite ne le relevoit pas« et ses affaires délabrées étoient en prise à des créanciers de mauvaise humeur, qui lui lâchèrent des sbires aux trousses pour Farrêter, n'osant pas trop faire exécuter ses meubles, parce que les armes du Roi étoient sur la porte de son palais, car tout est palais en Italie et il ne s*y parle point de maison. Vaïni, attaqué, se battit en retraite, et fut poursuivi jusque chez lui, où M. de Monaco, averti de ce bagarre S accourut lui-même, et dit au commandant des sbires de se retirer d'un palais qui n'étoit plus celui de Vaïni, mais le sien à lui ambassadeur, puisqu^il y étoit présent. Le commandant voulut se retirer; mais quelques sbires n'obéissant pas, des gentilshommes de la suite de M. de Monaco les chassèrent à coups d'épée, lui leur recommandant de n'en point blesser. Des sbires qui étoient dans la rue, voyant qu'on chassoit ainsi leurs camarades, firent une décharge , qui blessèrent ' quelques domestiques de M. deMonaco, etqui blessa amortie gentilhomme sur lequel il s'appuyoit, qui tomba, et l'ambassadeur sur lui. Gela fit grand bruit dans Rome et peu d'honneur à M. de Monaco, qui se commit là fort mal à propos en personne avec des canailles, et pour ce Vaïni, qu'il falloit protéger autrement, et qui n'étoit bon qu'à attirer de mauvaises affaires. Il fot là fort tiraillé, môme par son cordon bleu. M. de Monaco, mécontent de la lenteur du sacré collège sur cette affaire, sortit de Rome avec éclat, sur quoi les trois chefs d*ordre qui se trouvèrent de jour, et qui étoient Âccialoli, Colloredo et San Cesareo, écrivirent au Roi pour lui demander pardon au nom du sacré collège, et quelle justice et satisfaction il lui plaisoit prescrire. Le Roi, content de la sonmission, les en laissa les maîtres, et manda au cardinal d'Estrécs qu'il vouloit qu'on fit grâce si on en condamnoît quelqu'un à mort.