ET DES PRINCES SES FRÈRES
le voyage. 11 renlrelint longtemps le lundi matin avant que personne fût entré, ni lui sorti du lit, d*où M. de Beauvillier monta tout de suite en carrosse, pour aller coucher à Étampes, et joindre le roi d'Espagne le lendemain à Orléans. Laissons-les aller, et admirons la Providence, qui se joue des pensées des hommes et dispose des Ëtats. Qu'auroient dit Ferdinand et Isabelle, Charles V et Philippe II, qui ont voulu envahir la France à tant de différentes reprises, qui ont été si accusés d'aspirer à la monarchie universelle, et Philippe IV même, avec toutes ses précautions au mariage du Roi et à la paix des Pyrénées, de voir un fils de France devenir roi d'Espagne par le testament du dernier de leur sang en Espagne, et par le vœu universel de tous les Espagnols, sans dessein, sans intrigue, sans une amorce tirée de notre part, et à Tinsu du Roi, à son extrême surprise et de tpus ses ministres, et qui n'eut que l'embarras de se déterminer et la peine d'accepter? Que de grandes et sages réflexions à faire, mais qui ne seroient pas en place dans ces Mémoirpsî Reprenons ce qui s'est passé, dont je n'ai pas voulu interrompre une suite si curieuse et si intéressante.
Cependant on avoit appris que la nouvelle de l'acceptation du testament avoit causé à Madrid la plus extrême joie, aux acclamations de laquelle le nouveau roi Philippe V avoit été proclamé à Madrid, où les seigneurs, le bourgeois et lo peuple donnoient tous les jours quelque marque nouvelle de sa * haine pour les Allemands et pour la Reine, que presque tout son service avoit abandonnée, et à qui on rcfusoit les choses les plus ordinaires de son entretien. On apprit par un autre courrier de Nantes, dépêché par le duc de Médina Celi, vice-roi, que le roi d'Espaf^nc y avoit été reconnu et proclamé avec la même joie; il le fut de même en Sicile et en Sardaigne.
Quelque temps auparavant, il étoit arrivé une aventure assez désagrt'able à Rome pour ce beau M, Vaïni, à qui la