‹ Mémoires du duc de Saint-Simon publiés (volume 3)Chapitre 294 sur 333 · OURAGAN À PARIS ET PAR LA FRANCE · texte numérisé non relu

OURAGAN À PARIS ET PAR LA FRANCE

quittée et outragée. Le style en étoit fort romanesque. Il y 011 eut aussi pour Madame, dont elle réclamoit les bons offices par leur parenté. Je ne sais qui put lui donner ce conseil : sa partialité déclarée, et sa liaison avec tout ce j)cu qui ne voyoit qu'à regret succéder la maison de !• rance à celle d'Autriche en Espagne, ne lui devoit pas laisser espérer de succès. Aussi, le roi d'Espagne n'eut pas beaucoup fait de journées en Espagne, qu'elle eut ordre de quitter Madrid et de se retirer à Tolède, où elle demeura reléguée avec peu de suite. et encore moins de considération. La junte avoit été de cet avis, et en avoit chargé le duc d'Harcourt, pour en faire envoyer l'ordre par le roi d'Espagne : ce fut un trait de vengeance de Portocarrero.

Ce prince n'étoit pas encore à Madrid qu'il fut reconnu par les HoUandois. Ils n'en avoient pas moins résolu la i^MiiMTc; mais toutes les machines de l'alliance n'étoient p;is pièles, et ne s'expliquer point eût été s'expliquer, et découvrir des desseins qu'ils prenoient de si grands soins de cacher.

II y eut, le jour de la Chandeleur, un ouragan si furieux que personne ne se souvint de rien qui eût approché d'une telle violence, dont les désordres furent infinis par tout le royaume. Le haut de l'église de Saint-Louis dans l'Ile, à Paris, tomba; beaucoup de gens qui y entendoient la ines>e furent tues ou blessés; entre autres Verderonne, qui étoit dans la gendarmerie, en mourut le lendemain; il s*aj)pel(ut i'Aubespine comme ma mère. Cet ouragan a été l'époque du dérangement des saisons et de la fréquence des grands vents en toutes ; le froid en tout temps, la pluie, etc., ont été bien plus ordinaires depuis, et ces mauvais temps >^ n'ont fait qu'augmenter jusqu'à présent, en sorte qu'il y a longtemps qu'il n'y a plus du tout de printemps, peu d'automnes, et pour l'été, quelques jours par-ci par-là: c'est de quoi exercer les astronomes.

.Monsi«ur de Noyon mourut en ce temps-ci à Paris, à soixante-quatorze ans. Il avoit l'ordre, et s'étoit,à l'exem-

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