HELVÉTIUS À SAINT-AIGNAN
Fauteur, et à Finstant défendue, pourchassée, et traitée comme les ouvrages les plus pernicieux, qui toutefois n'en a été que plus recherchée et plus upiversellement goûtée et admirée.
M. de Beauvillier, dont le mal étoit un dévoiement qui le consumoit depuis longtemps et auquel la fièvre s'étoit jointe, eut bien de la peine à gagner sa maison de Saint- Aignan, près de Loches, où il fut àFextrémité. J'avoissu, depuis son départ, que Fagon Favoit condamné, et ne Favoit envoyé à Bourbon, peu avant ce voyage, que par se trouver à bout, sans espérance de succès, et pour se délivrer du spectacle en Fenvoyant finir au loin. A cette nouvelle de Saint-Aignan, je courus chez le duc de Chevreuse, pour Fexhorter de mettre toute politique à part et d'y envoyer diligemment Helvétius, et j'eus une grande joie d'apprendre de lui qu'il en avoit pris le parti, et qu'il partoit lui-môme le lendemain avec Helvétius.
C'étoit un gros HoUandois, qui pour n'avoir pas pris
les degrés de médecine, étoit Faversion des médecins, et
en particulier Fhorreur de Fagon, dont le crédit étoit
fxtrTino auprès du Roi, et la tyrannie pareille sur la méde-
eine et sur ceux qui avoientle malheur d'en avoir besoin.
Cela s'appeloit donc un empirique dans leur langage, qui
ne uirriluit que mépris et persécution, et qui attiroit la
(Us'xràce, la colère et les mauvais offices de Fagon sur qui
s'en scrvoit. 11 y avoit pourtant longtemps qu'Helvétius étoit
à I*aris, guérissant beaucoup de gens rebutés ou aban-
doniK's des médecins, et surtout les pauvres, qu'il traitoit
avec une ^'rande charité. 11 en recevoit tous les jours chez
lui, il heure lixée, tant qu'il y en vouloit venir, à qui il
fournissuil les remèdes, et souvent la nourriture. 11 excel-
loil particulièrement aux dévoiements invétérés et aux
(l\><ent('ries. C'est à lui qu'on est redevable de Fusage et
de la j)réparalion diverse de Fipécacuanha * pour les
divers genres de ces maladies, et le discernement encore