‹ Mémoires du duc de Saint-Simon publiés (volume 3)Chapitre 30 sur 333 · DOMESTIQUES DHI^S ENFANTS DE FRANCE [J · texte numérisé non relu

DOMESTIQUES DHI^S ENFANTS DE FRANCE [J

alors recteur, et qui fut universellement admirée. Louville conseilla au duc de Beauvillier les deux gentilshommes de la manche ; il avoit été avec eux dans le régiment d'infanterie du Roi, capitaine. Puységur en étoit lieutenant-colonel, et par là fort connu du Roi. 11 l'étoit extrêmement de tout le monde, parce qu'il avoit été Tâme de toutes les campagnes de M. de Luxembourg toute la dernière guerre. Outre ses fonctions de maréchal des logis de Tarmée, qu'il faisoit avec grande étendue et grande supériorité, il soulageoit M. de Luxembourg pour tous les autres ordres de Tarmée ; il avoit la principale part à ses projets de campagnes et à leur exécution, et la confiance en lui étoit telle que M. de Luxembourg ne se cachoit pas de ne rien penser et de ne rien faire pour la guerre sans lui. Montviel, ancien capitaine au même régiment, étoit fort attaché à Puységur, et tous deux fort amis de Louville, et très-propres à cet emploi auprès d'un prince dont l'âge demandoit désormais plus d'application pour les choses du monde, et surtout de la guerre, que pour celles de l'étude.

En même temps que ces amis de Monsieur de Gambray furent chassés, M"* Guyon fut transférée de Vincennes, où étoit le P. la Combe, à la Bastille; et sur ce qu'on lui mit auprès d'elle deux femmes pour la servir, peut-être pour l'espionner, on crut qu'elle étoit là pour sa vie. Cet éclat ne laissa pas de porter fortement sur les ducs de Chevi'eusc et de Beauvillier et sur leurs épouses. A Versailles, où ils vivoient fort peu avec le monde, cela ne parut guère; mais le jeudi suivant, octave de la Fête-Dieu, c'est-à-dire le quatrième jour après l'éclat, le Roi alla à Marly; ils essuyèrent une désertion presque générale : M. de Beauvillier, qui étoit en année, servoit jusqu'au dîner inclus, et le marquis de Gesvres achevoit toujours les journées.

Tout étoit local. A Versailles, le service étoit précis et réglé, et ces grandes entrées attendoient dans les cabinets quand ils avoient à attendre. A Marly, où le Roi n'en avoit que deux, et encore à peine, nulle grande entrée n'y met-

Page 1