II y a, par erreur, 1G12 au manuscrit
DISGRESSION SUR l'eSPâGNE. 453
son père Pierre Alvarez de Castro Ossorio, seigneur de Cabrera et Ribera, en faveur duquel Henri IV, roi de Castille, avoit érigé Lémos en comté. C'est de là que cette branche de Lémos a toujours ajouté le nom de Castro à celui de Portugal, comme celle d'Oropesa y ajouta toujours celui de Tolède. Par ce mariage, les enfants de Denis s'attachèrent plus à TEspagne qu'au Portugal. Ferdinand, Taîné, fut fait grand d'Espagne, et fut ambassadeur de Charles V et de Philippe II à Rome, et son fils, Pierre-Ferdinand, servit Philippe II à la conquête de Portugal.
Les quatre générations suivantes ont eu les plus grands emplois d'Espagne, et les premières vice-royautés. La quatrième, qui est le père du comte de Lémos vivant à l'avéncment de Philippe V, étoit gendre du duc de Candie et vice-roi du Pérou*. Son fils, qui a épousé la sœur du duc del Infantado, de la maison de Silva, n*en a point eu d'enfants. 11 vit encore et n'a jamais eu d'emploi pour le premier de cette branche, en qui elle va finir. C'est un bon homme, mais un très-pauvre homme, qui est bien connu pour tel et qui passe sa vie à fumer. Sa femme et son beau-frère l'entraînèrent du côté de l'archiduc pentlant la guerre. Ils furent arrêtés comme ils y passoient, et prisonniers quelque temps. Le duc del Infantado a toujours été mal à la cour depuis. Sa sœur, qui a de l'esprit et du manège, s'y sut raccommoder, et à la fin fut camareramayor de M"* de Beaujolois, lorsqu'elle fut envoyée en Espagne pour épouser don Carlos, et c'étoit une des dames d'Espagne des plus capables de cet emploi, mais qu'on fut surpris qu'elle voulût bien accepter.
La troisième branche de la maison de Bragance ou de Portugal établie en Espagne est celle de Veragua. Mais, pour l'expliquer, il faut remonter à celle de Cadaval ou de Fcrreira, dont elle est sortie, laquelle est demeurée en Portugal. Alvare marquis de Ferreira étoit fils puîné de Ferd. !•' duc de Bragance, lequel étoit fils d'AJph., bâtard
i. La phrase est reproduite textuellement d'aprfcs le manuscrit
du roi de Portugal Jean I". Ainsi ce premier marquis de Ferreîra étoit frère puîné de Perd. II duc de Braganee, duquel est sortie la branche de Lémos, et qui étoit aussi quatrième aïeul du duc de Bragapce que la révolution de Portugal remit sur le trône, bisaïeul du roi de Portugal d'aujourd'hui, par où on voit Fextrême éloignement de sa parenté avec les ducs de Cadaval et de Veragua, et combien leur branche est cadette et éloignée de celle de Lémos, et encore plus de celle d'Oropesa.
Âlvare I*' marquis de Ferreira eut deux fils : Roderic marquis de Ferreira, duquel les ducs de Cadaval sont sortis, et Georges comte de Gelves, de qui les ducs de Veragua sont venus. Georges comte de Gelves épousalafille héritière du fils de ce fameux Christophle ^ Ckilomb, qui étoit duc de Veragua, marquis de la Jamaïque, que les Anglois ont usurpée, et amiral héréditaire et vice-roi des Indes après son célèbre père. De ce mariage, un fils qui en laissa deux, et qui mourut de bonne heure, et sa branche ne dura pas. Le second, Nuno de Portugal-Golomb, dont cette branche ajouta toujours le nom au sien, disputa les droits de son aïeule, héritière des Golonib, et gagna son procès. Il devint ainsi duc de Veregua, grand d'Espagne et amiral héréditaire des Indes. Son filla n*eiit point d'emplois; mais son petit-fils mourut gouverneur de la Nouvelle-Espagne, ayant la Toison d'or. Lui et le comte de Lémos d'alors avoient été des seigneurs témoins à l'acte fait à Fontarabie par l'infante Marie-Thérèse Allant épouser le Roi. Celui-ci mourut en 1674. Pierre-Em. Nufioduc de Veragua, son fils, fut vice-roi de Galice, de Valence et de Sicile, général des galères d'Espagne, chevalier de la Toison d'or, enfin conseiller d'État et président du conseil d'Italie. C'est le père de celui qui existoit lors de Tavéne- I ment de Philippe V. Cette branche est encore finie dans le ^ fils de ce dernier, dont sa sœur, la duchesse de Liria, a recueilli toute la riche succession. J'aurai lien aiUearB de