‹ Mémoires du duc de Saint-Simon publiés (volume 3)Chapitre 310 sur 333 · CONSEIL DE CASTILLE · texte numérisé non relu

CONSEIL DE CASTILLE

cour dans une pièce voisine, y en ayant une vide entredeux, et avec ce cortège passe une partie de son apparte^ ment; dans une des pièces vers la moitié, il trouve un fauteuil, une table à côté, et vis-à-vis du fauteuil un tabouret. Là le Roi s'arrête, sa cour continue de passer, puis les portes d'entrée et de sortie se ferment, et le Roi dans son fauteuil reste seul avec le président assis sur ce tabouret. Là il revoit les sentences qu'il a retenues, et les signe si bon lui semble, ou il les garde pour les faire examiner par qui il lui plaît, et le président lui rend un compte sommaire du grand détail public et particulier dont il est chargé. Cela dure moins d'une heure. Le Roi ouvre lui-même la porte, pour retrouver sa cour, qui l'attend, et s'en aller chez lui, et le président retourne par l'autre, par où il est entré, trouve un majordome qui 1 accompagne à son carrosse, et s'en va chez lui. Ces sentences retenues, ceux à qui le Roi les renvoie lui en rendent compte avec leur avis; il les envoie au président de Castille, et finalement l'arrêt se rend comme le Roi le veut. On voit par là qu'il est parfaitement absolu en toute affaire publique et particulière, et que les rois d'Espagne ont reltMiu l'efTet, comme nos rois le droit, d'être les seuls juges de leurs sujets et de leur royaume^ Ce n'est pas qu'il n'arrive bien aussi que le conseil de Castille, ou en corps ou le président seul, ne fasse des remontrances au Roi, sur des affaires ou publiques ou particulières, auxquelles il se rend, mais s'il persiste, tout passe à l'instant sans passions ni toutes les difficultés qu*on voit souvent en France.

Le corré^'idor tlo Madrid et de toutes les villes* rendent un compte immédiat de toute leur administration au président de Castille, et reçoivent et exécutent ses ordres sur tout ce qui la regarde, comme eux-mêmes font à l'égard des régidors et des alcades des moindres villes et autres lieux de leur ressort. L'idée d'un corrcgidor de

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