T-.SiM')N M
482 AUTHES CONSEILLERS D LTAT. [l'Ol]
pour savoir lequel c'est. Il est pourtant vrai que le droit passe en Espagne pour être du côté de Villena, et qu'il est cru le premier marquis d'Espagne. Le duc de Veragua signe tout court el Admirante Duque, à cause de son titre héréditaire d'amiral des Indes, donné aux Colomb.
Il faut maintenant achever les conseillers d'État; je n'ai fait connoitre que ceux qui ont eu part au testament d'une manière ou d'une autre. Ce caractère est le bout de l'ambition ; il ne faut donc pas oublier ceux qui en étoient revêtus à l'avènement de Philippe V. J'ai déjà parlé du cardinal Portocarrero, du comte d'Oropesa, de don Manuel Arias, l'un président exilé, l'autre gouverneur du conseil de Castillo, de Mendoze, évêque de Ségovie, exilé et grand inquisiteur, du duc de Médina Sidonia, du marquis de Villafranca, du comte de S. Estevan del Puerto, etd'Ubilla, secrétaire des dépêches universelles ; j'ai parlé aussi du comte de Bcnavente, qui devint conseiller d'État pour avoir été mis comme grand dans la junte par le testament» Reste à dire un mot de Mancera, de l'amirante, Aguilar, Monterey, del Fresno, Fuensalida, et Montijo, sur lesquels je ne me suis pas étendu, quoique j'aie déjà dit quelque chose de quelques-uns de ces sept derniers.
Pour retoucher le marquis de Mancera, de la maison de Tolède, grand de la première classe et fort riche, président du conseil d'Italie, à quatre-vingt-six ans qu'il avoitlors de Tarrivée du Roi, [il] avoit l'esprit aussi sain et aussi net qu'à quarante ans, et la conversation charmante, doux, sage, un peu timide, parlant cinq ou six sortes de langues, bien et sans confusion, et la politesse el la galanterie d*un jeune homme sensé. De ses emplois et de ses vertus j'en ai parlé ci-devant ; mais voici uiïe singularité bien étrange à notre genre de vie, et qui n'est pas sans exemples en Espagne : il y avoit cinquante ans qu'il n'avoit mangé de pain, à l'arrivée du roi d'Espagne; sa nourriture étoitun verre d'eau à la glace en se levant, avec un peu de conserve de roses, et quelque temps après du chocolat; à dîner, trois onces de viande seule, et de l'eau rougie pour