‹ Mémoires du duc de Saint-Simon publiés (volume 3)Chapitre 332 sur 333 · FOLIE DU CARDINAL LE CAMUS · texte numérisé non relu

FOLIE DU CARDINAL LE CAMUS

n'avoit* pu effacer, se surpassa dans la réception qu'il leur fit, sans toutefois sortir de ce caractère d'évêque pénitent et tout appliqué à ses devoirs qu'il soutenoit depuis si longtemps. Mais sa pourpre Tavoit enivré au point de lui faire perdre la tête dans tout ce qui la regardoit, jusque-là qu'un homme qui avoit passé ses premières années à la cour aumônier du Roi, et dans les meilleures compagnies, avoit oublié comment les cardinaux y vivoient, si bien qu'il fut longtemps en peine, sur le point de l'arrivée des princes chez lui, si dans sa maison même il dovoit leur donner la main. Ils passèrent en Provence, où Aix, Arles, et surtout Marseille et Toulon, leur donnèrent des spectacles, dont la nouveauté releva pour eux la magnificence et la galanterie par tout ce que la marine exécuta. Avignon se piqua de surpasser les villes du royaume par la réception qu'elle leur fit, et Lyon couronna tous ces superbes plaisirs, par où ils finirent avec leur voyage. C'est où je les laisserai, pour reprendre ce que la disgression d'Espagne m'a fait interrompre.

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