‹ Mémoires du duc de Saint-Simon publiés (volume 3)Chapitre 40 sur 333 · Ce manage eut · texte numérisé non relu

Ce manage eut

1 S^nt-ijitno;! a bien éait calibrées au féminin.

68 m"* de la GARNACnE.

La fin de tout cela vfut qu'elle en fut pour sa honte, et ses protecteurs pour leurs cris, et que M. de Nemours épousa M"* de Guise en 1566. M"' de la Garnache disparut, et alla élever son poupon dans l'obscurité, où il vécut et mourut. Après plusieurs années, comme la suite infatigable et le talent de savoir se retourner est encore un apanage spécial de la maison de Rohan, M"* de la Garnache se remontra à demi, essaya de faire pitié a M"* de Nemours et d'obtenir quelque dédommagement par elle. Elle la toucha enfin, et M"* de Nemours obtint personnellement pour elle, et sans aucune suite après elle, l'érection de la seigneurie de Loudun en duché sans pairie, en 1576.

M"* de la Garnache alors reparut tout à fait, sous le nom de duchesse de Loudun, et jouit du rang de duchesse, qui fut éteint avec ce duché par sa mort. Telle est la première époque d'un rang dans la maison, et non à la maison de Rohan, qui, avec toutes ces alliances si grandes et si immédiates, n'en avoit jamais eu, et n'y avoit jamais prétendu.

René II de Rohan, frère de la duchesse de Loudun, et fils comme elle d'Isabelle de Navarre, ne figura point, non plus que ses autres frères ; mais ils n'eurent point de postérité, et il en eut. Ses deux fils et ses deux filles firent tous parler d'eux, et comme leur père, qui s'étoit fait huguenot, . et encore plus comme leur mère, qui fut une héroïne de ce parti, ils l'embrassèrent. Elle étoit veuve de Ch. de Quellenec, baron du Pont, qui périt à la Saint-Barthélémy, et fille et héritière de J. l'Archevêque, seigneur de Soubise, et d'une Bouchard Aubeterre. Elle et ses deux filles se sont rendues fameuses dans la Rochelle, où elles soutinrent les dernières extrémités, jusqu'à manger les cuirs de leurs carrosses, pendant le siège que Louis XIII y mit.

: Sa fille aînée, plus opiniâtre s'il se pouvoit qu'elle,

mourut de regret de sa prise, fort peu après, au château du Parc en Poitou, où elles avoient *été reléguées en sortant de la RocheUe; la mère y mourut deux ans après, en 1631,

O et l'autre fille les survécut jusqu'en 1646, toutes les deux

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