MARQUIS DE MARIGNY
Le marquis de Marigny, frère de son père, qui pour combler la famille de la femme du favori fut aussi de cette même promotion, y marcha .le cinquante-cinquième parmi les gentilshommes, et n'en eut que quatre de toute la promotion après lui. Ainsi, avec toute la faveur de M. de Luyries , qui se déploya toujours toute entière sur la maison de sa femme, avec un emploi aussi important qu'étoit pour lors le gouvernement de Paris et de T Ile-de- France, avec une charge aussi favorable que celle de grand veneur auprès d'un jeune roi passionné pour la chasse au point qu'étoit Louis Xlll; et dont le fils avoit la survivance du père, avec Texemple des tabourets de grâce des deux sœurs du célèbre duc de Rohan, et jo l'avancement d'un jour de celui de M"* de Luynes, on voit que MM. de Rohan n'avoient pas encore imaginé devoir avoir des honneurs et des distinctions au-dessus des gens de qualité non titrés, beaucoup moins à être princes.
Mais voici le commencement. M"* de Chevreuse avoit été de tout temps dans la plus intime confidence de la Reine. Elle en fut chassée plus d'une fois par Louis XIII;, et de l'aventure du Yal-de-Gràce, où la Reine fut fouillée et visitée jusque dans son sein par le chancelier Seguier, qui pourtant en acquit ses bonnes grâces pour le reste de sa vie par la manière dont il s'y conduisit. M"* de Chevreuse et Beringhen se sauvèrent hors du royaume^ et plusieurs autres furent chassés et perdus, que la Reine fit revenir et récompensa tout aussitôt qu'elle fut régente.
M"* de Chevreuse étoit encore alors en Flandres, et quoique elle se trouvât trompée, à son retour, dans l'opinion qu'elle avoit conçue d'être absolument maîtresse de l'esprit de la Reine et du gouvernement, elle ne laissa pas de conserver toute sa faveur, malgré le cardinal Mazarin. Les histoires et les Mémoires de ces temps-là sont pleins de tout ce que fit la Fronde, qui domina la cour et l'État, (*t à qui Monsieur le Prince dut sa prison, puis sa