MORT DE H"^ DE GUISE
grande affaire, et elle en vint à bout. Tous les respects dus à une petite-fiUe de France furent conservés : M. de Guise n'eut qu'un ployant devant Madame sa femme ; tous les jours, à dîner, il lui donnoit la serviette, et quand elle étoit dans son fauteuil et qu'elle avoit déployé sa serviette, M. de Guise debout, elle ordonnoit qu'on lui apportât un couvert, qui étoit toujours prêt au buffet; ce couvert se mettoit en retour au bout de la table ; puis elle disoit à M. de Guise de s'y mettre, et il s'y mettoit : tout le )este étoit observé avec la même exactitude, et cela se recommençoit tous les jours, sans que le rang de la femme baissât en rien, ni que, pour ce grand mariage, celui de M. de Guise en ait augmenté de quoi que ce soit. Il mourut de la petite vérole à Paris, en juillet 4671, et ne laissa qu'un seul fils, qui ne vécut pas cinq ans, et qui mourut à Paris en août 1675. M"* de Guise en fut afftigée jusqu'à en avoir oublié son Pater.
Elle fut toujours mal avec Mademoiselle, quoiqu'elles logeassent toutes deux à Luxembourg, qu'elles partageoient par moitié. C'étoit une princesse très-pieuse et toute occupée de la prière et de bonnes œuvres. Elle passoit six mois d'hiver à la cour, fort bien traitée du Roi, et soupant tous les soirs au grand couvert, mais passant les Marlis à Paris. Les autres six mois elle les passoit à Alençon, où elle régentoit l'intendant comme un petit compagnon, et l'évêque de Séez, son diocésain, à peu près de même, qu'elle tenoit debout des heures entières, elle dans son fauteuil, sans jamais l'avoir laissé asseoir, même derière elle en un coin. Elle étoit fort sur son rang, mais du reste savoit fort ce qu'elle devoit, le rendoit, et étoit extrêmement bonne. En allant et revenant d'Alençon, elle passoit toujours quelques jours à la Trappe, et coupoit son séjour d'Alençon par y faire un petit voyage exprès. Elle y logeoit au dehors, dans une maison que Monsieur de la Trappe avoit bâtie pour les abbés commendataires, afin qu'ils ne troublassent point la régularité de la maison. Il étoit le directeur de M"' de Guise, et on a, entre ses ouvrages»