CONDITIONS DE LA PAIX DE SAYOIE
propres alliés, convint enfin de la plus avantageuse paix pour lui, et que le Roi trouva telle aussi pour soi-même par le démembrement qu'elle mit parmi ses alliés. Les principaux articles furent : le mariage de W le duc de Bourgogne avec sa fille aînée, dès qu'elle auroit douze ans, et en attendant envoyée à la cour de France ; que le comté de Nice seroit sa dot, qui lui demeureroit et lui seroit livré |usqu'à la célébration du mariage ; la restitution de tout ce qui lui avoit été pris, et même de Pignerol, rasé, et deux ducs et pairs en otage à sa cour jusqu'à leur accomplissement; enfin une grande somme d'argent en dédommagement de ses pertes, et d'autres moindres articles, entre lesquels il obtint pour ses ambassadeurs en France le traitement entier de ceux des rois, dont jusqu'alors ils n'avoient qu'une partie, et les offices du Roi à Rome pour leur faire obtenir la salle royale, qui est la môme chose : toutes les autres cours lui avoient déjà accordé les mômes honneurs. Il voulut aussi être l'un des médiateurs de la paix générale lorsqu'elle se traiteroit. Le Roi l'accorda, mais l'Empereur n'y voulut jamais consentir quand il fut question de la faire.
Tout cela signé avec le dernier secret, il songea à se délivrer de ses alliés, qui l'obsédoient, qui le soupçonnoient, qui étoient plus forts que lui, et qui, selon toute apparence, alloient devenir ses ennemis. Pour y parvenir, il fit semblant de prêter l'oreille aux nouvelles propositions qu'ils lui firent, et au renouement de celles de mariage de sa fille aînée avec le roi des Romains, dont le refus qu'en avoit fait l'Empereur l' avoit sensiblement piqué; en môme temps il proposa une revue des troupes étrangères, à distance éloignée de Turin, où il mit ses troupes dans les postes qu'elles occupoient. Il avoit eu, sous d'autres prétextes, la même précaution pour Goni et pour ses autres places, et quand il fallut aller à la revue, il demeura à Turin et s'en excusa. Après ces précautions, il se déclara. 11 leur manda qu'il étoit contraint d'accepter la neutralité d'Italie, que le Roi lui faisoit offrir, et qu'il les prioit aussi
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de Tacceplep ûe même. Le marquis de Leganei, le prince Eugène et Milord Galloway avoient ordre de lui obéir, el n'osèrent se porter à une violence ourerte : ils se continrent et attendirent de nouveaux ordres. En mèncke temps Monsieur de Savoie masqua sa paix d'une trêve de trente jours avec le maréchal Gatinat, à qui il envoya le comte Tana, chevalier de FÂnnonciade, et le marquis d^Âix, pour otages, et reçut en même temps le comte de Tessé et Bouzols en la même qualité. Ces choses se passèrent les premiers jours de juillet, et ensuite la trêve fut prolongée. Cependant le célèbre J. Bart brûla cinquante-cinq vaisseaux marchands aux Hollandois, parce qu'il ne |Nit les amener après avoir battu leur convoi, et leur ooûÂa une perte de six ou sept miUions. Notre île de Elhé fui un peu bombardée; ils allèrent après devant Belle-laie^ et ae retirèrent sans rien faire.