‹ Mémoires du duc de Saint-Simon publiés (volume 4)Chapitre 236 sur 344 · Cette date eit en blane daiif le manufcrtt · texte numérisé non relu

Cette date eit en blane daiif le manufcrtt

334 mon DE CHANDESICR. {1696]

de la TiBe; jamais il ne se plaignit, jamais il ne denuoida ni son bien ni sa liberté. Près de deux ans se iMissèrent ainsi ; à la fin la conr, honteuse d*iane violence tefienœnt sans exemple et si peu méritée, plus encore d'être T«ineue par ce courage qui ne se pouvoit dompter, rdâcba ses revenus et change sa prison en exil, où il a été bien des années, et toujours sans daigner rien demander. U en airiya comme de sa prison : la honte fit réroquer TexiL

Il rcTint à Paris, oà il ne voulut voir que peu d'ania. Il rétoit fort de mon père, qui m*a mené le voir, et qwi hii donnoit assee souvent à dîner, il le menoit même quelquefois à la Ferté, et ce fut lui qui fit percer une étoile régulière 4 mon père, qui vouloit bâtir, et qui en tira son bois, et c'est une grande beauté fort près de la maison, au lieu que mon pare ne songedt qu'k abattre, sans considérer où ni eomment. Depuis sa nïort, j'ai vu plusieurs fois M. de Chandenier avec un vrai respect à Sainte-Geneviève, dans la plus sim;^, mais laplus jolie retraite, qu'il s'y étoilfdte et où il mourut G'étoit un homme de beaucoup de goût et d'exceUente compagnie, et qui avoit beaucoup vu et In; il fut longtemps avant sa mort dans une grande pi^. On s'en servit dans la dernière année de sa vie pour loi ûdre un juste scrupule sur ses créanciers, qu'il ne tenoit qu'à lui de payer de l'argent de M. de Noailles en donnant sa démission ; et quand on l'eut enfin vaincu sur cet artide avec une extrême peine, les mêmes gens de bien entreprirent de lui faire voir M. de Noailles, qui avoit sa charge après son père. L'effort de la religion le soumit encore à recevoir cette visite, qui de sa part se passa froidement, mais honnêtement. U avoit perdu sa femme et son fils depuis un grand nombre d'années, qui étoit un jeune homme, à ce que j'ai ouï dire, d'une grande espérance.

Le Roi eut un anthrax ^ au col, qui ne parut d'abord qu'un clou, et qui bientôt après donna beaucoup d'inquiétude. Il eut la fièvre, et il fallut en venir à plusieurs inci-»

1. Saint-Simon écrit antrowe^ «t fait ce mot du féminin : uae aninue.

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fliiMBc^ par rrpmes;. U atfecta de se laisser ^nmt ton» le» jours, et de IraTiîBer dans soa Ht fxresqu à sou ordinaire^ Toute rSnrope ne laissa pas d'être îwi allentiTe à u« Mal qui ne fol pas sans danger. 11 dépèdM un coumer an duc delà Rochefonkaiald, en Angmunoîs» où il étoil allé passer on mois dans sa belle maison de VeHeuiU et lui manda «a maladie et son désir de le reTOÎr, avec beaucoup d^amiUé« il partit aussitôt, et sa ûiYeur parut plus ^ue jamais* Comme il ne se passoit rien en Flandres, et qu*il n'y ayoit {dus lieu de s*y attendre à rien, le Boi manda aux maréchaux de Vilieroy et de Boufflers de renvoyer les princes dès 4[ae le prince d'Orange anroit quitté Tarmée, ce qui arriva peu de jours après.

Ce fut pendant le cours de cette maladie que la paix de Savoie devint publique, et que le Roi régla tout ce qui regutloit la princesse de Savoie et les deux otages jus- •qu'aux restitutions accomplies. Monsieur de Savoie, qui tt^ignoroitrien jus4|ue des moindres choses des principales «ours de rEurope, compta que les ducs de Foix et de Oioiseui ne Perabarrasseroient pas. Le premier n*avoit jamais songé qu'à son plaisir et à se diveKir en bonne compagnie; l'autre étoit accablé sous lo poids de sa pauvreté et de sa mauvaise fortune; tous deux d'un esprit audessous du médiocre, et parfaitement ignorants de ce qui leur étoit dû, très-^iisés à mener, à contenter, à amuser, tous deux sans rien qui tînt à la oour et sans considérap tien particulière, tous deux enûn de la plus haute naissance et tous deux chevaliers de Tordre. €*étoit précisé- li ment tout l'assemblage que Monsieur de Savoie eberchoit. P Il voyoit qu'on vouloit ici lui plaire dans cette crise d*al« liance : il fit proposer au Roi ces deux ducs, et le Roi les nomma, et leur donna & chacun douze mille livres pour leur équipage et mille écus par mois.

Le comte de Brionne, chevalier de Tordre, et grand écuyer en survivance de son père, fut nommé pour aller, de la part du Roi, recevoir la princesse au pont Beau^ voisin, et Desgranges, un des premiers commis de Pont-

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