Voyez ci-dessus, p. 177 et n(fte
[1696] DE BOCRQOGXE. 331
M"* de Xogaret;
La marquise du Chàtelet;
M"* de Montgon;
Et pour première femme de chambre, M** Gamoin;
Peu après, le P. le Comte, jésuite, pour confesseur.
Et dans la suite,
L'évêque de Meaux premier aumônier, cUiovnnt do Madame la Dauphine, et auparavant précepteur do Monseigneur;
Et ViUacerf acheta du Roi la charge de premier mattro d'hôtel.
Il faut voir maintenant ce qu'on sut dos raisons de chacun de ces choix, et de celui de M"* do Castrios pour dame d'atour de M"" la duchesse de Chartres, au lieu de la comtesse de Mailly, qui se trouvera en son temps.
Pour de celui du comte de Tessé, les raisons en sont visibles, et j*ai suffisamment parlé do sa pei'sonne.
J*en dis autant de celui de la comtesse de Mailly ;
Et pour le P. le Comte, ce fut une affaire intérieure de jésuites, dont le P. de la Chaise fut le maître.
La duchesse du Lude étoit sœur du duc de Sully, qui fut chevalier de Tordre en 1688, fille de la duchesse de Verneuil et petite fille du chancelier Seguier. Elle avolt épousé en premières noces ce galant comte do Guicho, fils aîné du maréchal de Gramont, qui a fait en son temps tant de bruit dans le monde, et qui fit fort peu de cas d'elle et n'en eut point d'enfants. Elle étoit encore fort belle, et toujours sage, sans aucun esprit que celui que donne l'usage du grand monde et le désir de plaire à tout le monde, d'avoir des amis, des places, de la considération, et avoit été dame du palais de la Reine : elle eut de tout cela, parce ^uec'étoit la meilleure femme du monde, riche, et qui, dans tous les temps de sa vie, tint une bonne table et une bonne maison partout, et basse et rampante sous la moindre fa^
Sinrr-SiMOif i. fi
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veur, et faveur de toutes les sortes. Elle se reinaa*ia aa duc du Ludepar inclination réciproque, qui étoit grand maître! de Tartillerie, extrêmement bien avee le Roi, et d'aiflenirs' fort à la mode et qui tenoit un grand état. Ils vécurent très-bien ensemble, et elle le perdit sans en avoir eu d'enfants. Elle demeura toujours attachée à là cour» 9%t sa bonne maison, sa politesse et sa bonté lui acquirent beaucoup d'amis, et où, sans aucun besoin, elle falsoif par nature sa cour aux ministres, et tout ^ ce qui étoît en crédit, jusqu'aux valets. Le Roi n'avoît aucun goût pour elle, ni M"' de Maintenon ; elle n'étoit presque jamais des MarKs, et ne participoit à aucune des distinctions que le Roi donnoit souvent à un petit nombre de dames. Teflc étoit sa situation à la cour lorsqu'il fut question d'une dame d'honneur sur qui roulât tonte la confiance de Fédacatîon et de la conduite de la princesse, que M** de Mahitenon aTOit résolH de tenir immédiatement sons sa main, pour en lime Tamasèment intérieur du Roi.
Le samedi matin, velDe de la dédaratîon de la maison, le Roi, qui gardoit le lit pour son anthrax, causoit, eiIre midi et une heure, avec Monsieur, qui étoit seul avec lui. Monsieur, toujours curieux, tâchoit de faire parler le Roi sur le choix d'une dame d'honneur, que tout le monde Toyoit qui ne ponvoit plus être différé ; et comme ik en parloient. Monsieur vit à travers la chambre, par la fenêtre, la duchesse du Lude dans sa chaise, avec sa livrée, qui traversoit le bas de la grande cour, qui rerettoit de la messe : « En voilà nue qui passe, dit-il au Roi, qui en a bonne envie, et qui n'en donne pas sa part; » et lui nemnie la duchesse du Lnde. « Bon, dit le Roi, voilà le meiUinir choix du monde pour apprendre à la princesse à bien mettre du rouge et des mouches; » et ajouta des propes d'aigreur et d*éIoigneraent. C'est qu'il étoit alors plus dévot qu'il ne l'a été depuiis, et que ces choses le cho^oieat davantage. Monsieur, qui ne se soacieit point de la dvr