Kt tous, an mantncrft
[1696] DAME d'hoxneur. 339
chesse du Lude, et qui n'en avoit parlé que par hasard et par curiosité, laissa dire le Roi, et s'en alla dîner bien persuadé que la duchesse du Lude étoit hors de toute portée, et n'en dit mot. Le lendemain, presque à pareille heure. Monsieur étoit seul dans son cabinet ; il vit entrer l'huissier qui étoit en dehors, et qui lui dit que la duchesse du Lude étoit nommée. Monsieur se mit à rire, et répondit qu'il lui en contoit de belles; l'autre insista, croyant que Monsieur se moquoît de lui, sortit et ferma la porte. Peu de moments après, entre M. de Ghfttillon, le chevalier de l'ordre, avec la même nouvelle ; et Monsieur encore à s'en moquer. Châtillon lui demande pourquoi il n'en veut rien croire, en louant ïe choix et protestant qu'il n'y a rien de si vrai. Comme ils en étoient sur cette dispute, vinrent d'autres gens qui le confirmèrent, de façon qu'il n'y eut plus moyen d'en douter. Alors Monsieur parut dans une telle surprise qu'elle étonna la compagnie, qui le pressa d'en dire la raison. Le secret n'étoit pas le fort de Monsieur : il leur conta ce que le Roi lui avoit dît vingt-quatre heures auparavant, et à son tour les combla de surprise. L'aventure se sut, et donna tant de curiosité qu'on apprit enfin la cause d'un changement si subit.
La duchesse du Lude n'ignoroit pas qu'outre le nombre des prétendantes, il y en avoit une entre autres sur qui elle ne pouvoit espérer la préférence : elle eut recours à un souterrain. M'"'' de Maintenon avoit conservé auprès d'eDe une vieille servante qui, du temps de sa misère et qu'elle étoit veuve de Scarron, à la charité de sa paroisse de Santt-Eiistaehe, étoit son unique domestique; et cette servante, qu'elle appeloit encore Nanon comme autrefois, étoit pour les autres M^ Balbiaa, et fort considérée par l'amitié et la confiance de M** de Maintenon pour elle. Nanon se rendoit aussi rare fue sa maîtresse, se coiffoit et s'habilloit comme eUe, imitoit son précieux, son langage, w dèfodon, ses manières. C'étoitune demi-fée, à qui les princesses se trouYoient heureuses quand dies afoîent occasion de parier et de VmAraMer, toutes fiUe» du ^\ cçi^Sàs»