PROJETS DES IMPÉRIAUX
santé et amusante an possible, méchante à rsvemnt, et qui, sur Texemple de sa mère, divertit M"^ de Maintenon, et le Roi dans les suites, aux dépens de chacun, avec beaucoup de sel et d'enjouement. Toute cette petite tnHq>e partit au-devant de la princesse. M** de Mailly étoit grosse, et ne fut point du voyage. M"' du Chàteîet s'en dispensa, pour donner à la maréchale de Bellefonds tMit ce temps-là encore à demeurer auprès d'elle. Owt ne le trouva pas trop bon, et au lieu de la troisième place, qui lui éfmt destinée avec grande raison, elle n'eut que la cinquième. L'éloignement de M"* de Montgon en Auvergne ne lui permit pas d'être du voyage. Laissons-les aller, et puhher la paix à Paris et à Turin, où le maréchal Gatinat fut reçu avec de grands honneurs, et y donna chez lui k dîner à Monaiear de Savoie, et retournons sur le Rhin.
CH.\1>ITRE XXIII.
Projets des Impériaux sur le Rhin. — Maréchal de Ghoisenl dans le Spirebach ; raisons de ce camp. — Disposition du maréchal de Ghoiseul. — Mouvements et disposition du prince Louis de Baden. — Retraite des Impériaux. — Précautions du maréchal de Ghoiseul à la cour, qui met en quartiers de fourrages, et me donne congé. — Mort de M. de Frémont, beau-père de M. le maréchal de Lorges ; naissance de ma fille.
Après une longue oisiveté en ces armées et en Flandres, les vingt mille hommes de Hesse et d'autres contingents en furent renvoyés au prince Louis de Baden, qui, avec ce quil avoit d'ailleurs, se trouva le double plus fort que le maréchal de Ghoiseul, et en état et en volonté d'eiitreprendre le siège de Philisbourg, dont tous les amas étoîent depuis l'hiver dans Mayence, et toutes les précautions prises depuis pour que rien y pût manquer. L'Empereur pressoit l'exécution de ce dessein avec toute l'ardeur que lui inspiroit son dépit de la paix de Savoie, et son extrême désir de reculer la générale, à laquelle celle-là
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commençoît à donner un ^rand branle. Sur les avis que le > mnrécfeal de Choiseul en donna à la cour, il en reçut deux i lettres fort singulières et eaa. même temps contradictoires. Par la première, Barbezieux lui faisoit écrire par le Roi de jeter huit de ses meilieurs bataillons dans Philisbourg eC quatre dans Landau, et de se retirer après en pays de sûreté contre Tinvasion du prince Louis. Il faut remarquer que le maréchal n'avoit dans son armée que douze bons bataillons, et que tout le reste de son infanterie étoient* 4e noorelie levée, ou des bataillons de salade ramassés des garnisons. En suivant cet ordre, il n'avoit plus à compter sur ce qui lui seroit resté d'infanterie, et en abandonnait ces pkces au renfort qu'il y auroit jeté, l'exemple récent de Namur devoit persuader qu'elles n'en seroient pas moins perdues. Par l'autre lettre, en réponse au maréchal, le Roi lui marquoit qu'il n'étcût pas persuadé que le prince Louis pensât à passer le Rhin à Mayence, mais que «il songeoit à l'entreprendre, il se persuadoit que le maréchal Fempècheroit bien d'y déboucher, c'est-à-dire empêcher on ennemi de passer sur un pont à lui, dans une place à lui, et de déboucher sur une contrescarpe à lui, dans une plaine.
Le maréchal haussa les épaules, et proposa au moins d*envoyer le marquis d'Harcourt le renforcer, qui demeuroit oûsif où il étoit dans la situation présente. Haroourt, accoutumé à commander en chef, ami de Barbezieux et grand mattre en souterrains à la cour, ne vouloit point tftter de cette jonction. U proposa à la cour et au maréchal des partis téméraires, bien sûr qu'il ne les adopteroit pas, et que Thonneur de les avoir imaginés lui en feroit*. Le maréchal, aux ordres duquel il u'étoit point comme de ceux qui étoient en Flandres, ne pouvoit se commettre à lui en donner; et Harcourt, qui le sentoit, et qui le sa¥oit mal de tout temps avec son ami Barbezieux, aUoit à son fait de ne point joindre, et se moquoit de lui. Cette