‹ Mémoires du duc de Saint-Simon publiés (volume 4)Chapitre 257 sur 344 · NEUTRALITÉ D'ITALIE · texte numérisé non relu

NEUTRALITÉ D'ITALIE

tout à fait déclaré, et enhardi en même temps par une manière de défaite assez considérable des Impériaux en Hongrie par le Grand Seigneur en personne, parla plus haut sur la neutralité. Leganez, gouverneur du Milanois, se laissoit entendre qu'[il] avoit les pleins pouvoirs d'Espagne; Mansfeld, commissaire général de l'Empereur en Italie, s'y opposoit toujours de sa part. On comprit ce manège, et pour le mettre au net, Monsieur de Savoie s'alla mettre le 15 septembre à la tète de l'armée du maréchal Catinat, pour entrer dans le Milanois, et fît le siège de Valence. Sur quoi les alliés, qui n'avoient rien voulu conclure avec le marquis de Saint-Thomas, que Monsieur de Savoie leur avoit envoyé à Milan, lui déclarèrent la guerre dans toutes les formes , et pour la faire compter comme bien certaine, envoyèrent en même temps le cartel pour l'échange des prisonniers qui se feroient de part et d'autre. Ce n'étoit qu'une dernière tentative. Ils se rendirent bientôt traitables, et dans le 10 octobre la neutralité d'Italie fut signée de part et d'autre, telle que Monsieur de Savoie l'avoit proposée, qui en même temps leva le siège de Valence; et le maréchal Catinat ne songea plus qu'à faire repasser les monts à son armée. Les restitutions stipulées avec Monsieur de Savoie lui furent faites; les ducs de Foix et de Choiseul eurent liberté de revenir, et Gouvon, envoyé extraordinaire de Monsieur de Savoie, vint en remercier le Roi et, en attendant un ambassadeur, se trouver à l'arrivée de la princesse. C'étoit un homme habile, de beaucoup d'esprit et de politesse, fort fait aux cours, et qui plut extrêmement à tout le monde. Le Roi prit du goût S et le distingua jusqu'à le mener à Marly, familiarité que jusqu'à lui aucun ministre étranger n'avoit obtenue, et qui ne fut communiquée à aucun.

La maison de la princesse s'étoit arrêtée près de trois semaines à Lyon, en attendant qu'elle fût à portée du pont Beauvoisin, où elle la fut recevoir. Elle y arriva de bonne heure, le mardi 16 octobre, accompagnée de la

i. Prit du goût pouT lui.

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