‹ Mémoires du duc de Saint-Simon publiés (volume 4)Chapitre 297 sur 344 · DU MARÉCHAL DE CHOISECL · texte numérisé non relu

DU MARÉCHAL DE CHOISECL

mery, maréchal de camp, officiers généraux de la seconde ligne de cette aile, vinrent la prendre et la menèrent au ' delà des bois par lesquels nous étions arrivés, passer la nuit dans la plaine de Stolhofen ; et cependant les gros et menus bagages, Tartillerie inutile et tous les caissons filèrent entre le Rhin et nous. La Bretesche avoit défenses expresses de branler, quelque combat qu'il entendît. La raison en étoit qu'il restoit assez de troupes pour combattre dans un lieu aussi étroit qu'étoit celui d'où on se retiroit, qu'il falloit une grosse escorte pour tous les bagages de l'armée, et qu'en cas de malheur, nos troupes se seroient trouvées toutes frdches et en bon ordre dans la plaine, pour recevoir et soutenir tout ce quidéboucheroitles bois, venant de notre camp.

Sur les six heures du soir, le maréchal monta sur cette hauteur retranchée de sa droite, à laquelle il avoit fait travailler exprès tout le jour, et disposa toute son affaire avec tant de justesse, qu'avec le signal d'un bâton levé en l'air, avec du blanc au bout, de distance en distance, ce ne fut qu'une même chose que détendre, charger, monter à cheval, marcher, et quoiqu'au petit pas, perdre les ennemis de vue. Gomme il ne restoit nulle sorte d'équipage au camp, et que tout étoit sellé et bridé, cette grande armée disparut en un moment, en plein jour, aux yeux des ennemis. L'armée marcha sur deux colonnes. Le régiment colonel général de cavalerie fit l'arrièregarde de la gauche avec du canon, et le prince de falmont ensuite avec les gardes ordinaires, enfin un détachement de cavalerie, sous un lieutenant-colonel qui étoit commandé tous les jours à Rastadt. Le bonhomme la Freselière, lieutenant général, conduisoit cette arrièregarde. Le maréchal fit celle de la droite avec la gendarmerie et quelques détachements derrière elle, et Ghamarande fit, avec tous les grenadiers de l'armée, l'arrièregarde de tout. Montgon, qui par son poste devoit être avec nous, obtint du maréchal de demeurer auprès de lui. Avant la nuit noire, presque toute l'armée avoit

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