‹ Mémoires du duc de Saint-Simon publiés (volume 4)Chapitre 326 sur 344 · SINGULIÈRE RETRAITE D'AUBIGNÉ · texte numérisé non relu

SINGULIÈRE RETRAITE D'AUBIGNÉ

père, où il venoit plus souvent qu'il ne desiroit, etdîi aussi; et je riois souvent sous cape de rembarras extrêaP^^^' de mon père et de ma mère, qui fort souvent ne savoiew^^^' où se mettre. |arce

Un homme de cette humeur, si peu capable de se refu«P°[^^ rien, et avec un esprit et une plaisanterie à asséner d'autaij^^ **, mieux les choses qu'il n'en craignoit pour soi ni le ridicif * ^ ni les suites sérieuses, étoit un grand fardeau pour M"*#^^,^ Maintenon. Dans un autre genre, elle n'étoit pas mieux flf^^* belle-sœur : c'étoit la fille d'un nommé Piètre S petit médtf ^ cin, qui s'étoit fait procureur du Roi de la ville de Para; ^^ qu'Aubigné avoit épousée en 1678 que sa sœur étoit aupraj^^Pl des enfants de M"* de Montespan, qui crut lui faire naff^^' fortune par ce mariage. C'étoit une créature obscure, pluJ^^ s'il se pouvoit, que sa naissance, modeste, vertueuse, «^^^ qui, avec ce mari, avoit grand besoin de l'être; sotte n^^J merveilles, de mine tout à fait basse, d'aucune sorte dej^^ mise, et qui embarrassoit également M"* de Maintenon à l'avoir avec elle et à ne l'avoir pas. Jamais elle ne put en rien faire, et elle se réduisit à ne la voir qu'en particulier. De gens du monde, cette femme n'en voyoit point, I ^ et demeuroit dans la crasse de quelques commères de son ) ^ quartier. C'étoient des plaintes trop fondées et fréquentes | à M"* de Maintenon sur son mari, à qui cette reine, par- 1 tout ailleurs si absolue, ne pouvoit jamais faire entendre I * raison, et qui la malmenoit très-souvent elle-même. I

Enfin, à bout sur un frère si extravagant, elle fit tant par | Saint-Sulpice, que comme c'étoit un homme tout de sauts | et de bonds et qui avoit toujours besoin d'argent, qu'on | lui persuada de quitter ses débauches, ses indécences et | ses démêlés domestiques, de vivre à son aise, sa dépense entière payée tous les mois, et sa poche de plus garnie, et pour cela de se retirer dans une communauté qu'un M. Doyen avoit établie sous le clocher de Saint-Sulpice, lour des gentilshommes, ou soi-disant, qui vivoient là en

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