CHAPITRE X
Duc d'Orléans a un fauteuil à Bayonne, et à Madrid le traitement d'infant; origine du fauteuil en Espagne pour les infants et pour les cardinaux. — Etranges abus nés des fauteuils de Bayonne à M. le duc d'Orléans et à M"" de Beaujolois. — Origine du traversement du parquet par les princes du sang; époque où les princesses du sang ont quitté les housses. — Trait remarquable de Monsieur le Prince à Bruxelles avec don Juan et le roi Charles II d'Angleterre ; ses entreprises de distinctions en France. — Règlement contre le luxe des armées peu exécuté. — Bataille d'Almanza. — Cilly apporte la nouvelle de la victoire d'Almanza. — Valouse k Marly, de la -part du roi d'Espagne. — Bockley apporte le détail, et est fait brigadier. — M. le duc d'Orléans arrive à l'armée victorieuse. — Origine de l'estime et de l'amitié de M. le duc d'Orléans pour le duc de Berwick ; leurs diflérents caractères militaires. — Grand et rare éloge du duc de Berwick par M. le duc d'Orléans. — Manquemen4 fatal de toutes choses en Espagne. — Siège de Lerida. — La ville prise d'assaut et punie par le pillage. — Le château rendu par capitulation. — Joyeuse malice du Roi sur Lerida à Monsieur le Prince. — Cilly lieutenant général; Berwick grand d'Espagne, avec les duchés de Liria et de Xerica en don, une grâce outre cela sans exemple en grandesse, et fait chevalier de la Toison d'or.
Les généraux des armées partirent chacun pour la leur. M. le duc d'Orléans s'arrêta à Bayonne pour voir la reine veuve de Charles I", qui lui donna un fauteuil. M. le duc d'Orléans, qui ne l'auroit osé prétendre, se garda bien de le refuser.
En Espagne, les infants ont un fauteuil devant le Roi et la Reine. Il*leur est venu de celui des légats a latere, qui sont reçus partout presque comme le Pape en personne, et à qui nos rois ont été au-devànt fort loin hors de leur ville, jusqu'à Louis XIV exclusivement, mais qui y envoya Monsieur, qui donna la main au cardinal Chigi, lequel eut, comme je l'ai marqué p. 135*, à propos de l'erreur