‹ Mémoires du duc de Saint-Simon publiésChapitre 130 sur 311 · PARTIS PROPOSÉS PAR MEDAVID · texte numérisé non relu

PARTIS PROPOSÉS PAR MEDAVID

M. le duc d'Orléans le voulat, il avoit mené son armée en Italie, au lieu de la ramener dans les Alpes et dans le Dauphiné. Medavid se maintint avec ses troupes sans que les ennemis osassent l'attaquer ; il tenoit Mantoue et quantité d'autres places.

Ne renvoyant point de troupes en Italie, il restoit deux partis à prendre, que Medavid proposa tous deux, et du succès de celui des deux qu'on voudroit prendre il répondit. Le premier, et celui que Medavid appuyoit le plus, étoit celui de se cantonner en Lombardie, d'y abandonner à leurs propres forces les places qui ne s'y pourroient couvrir, de conserver les principales possibles, surtout Mantoue , de les bien munir toutes , et de se tenir sur la défensive en Lombardie, où la subsistance ne pouvoit manquer, sans aucun autre secours, et fatiguer les ennemis par les courses de nos garnisons et par la nécessité des sièges, les amuser ainsi en attendant les événements, et les empêcher de songer à venir nous attaquer chez nous, délivrés de toute guerre en Italie.

L'autre parti étoit de marcher avec sa petite armée, par les pays vénitiens et ecclésiastiques, très-neufs et très* abondants, droit au royaume de Naples, qui se mainte* noit encore, mais qui ne pouvoit que tomber bientôt s'il n étoit secouru en lui-même ou par la diversion d'Italie, si on étoit en état et en volonté d'y en tenter quelqu'une. G'étoit au moins conserver à l'Espagne Naples et Sicile, et ne pas tout perdre à la fois en ne prenant aucun de ces deux partis, dont chacun des deux étoit très-praticable; Mais il étoit écrit que les ténèbres dont nous étions frappés s'épaissiroient de plus en plus, et que le nombre et l'énormité de nos fautes, entassées les unes sur les autres en Italie la campagne dernière, seroient comblées par celle de son entier abandon.

Pour ce dernier parti, on eut peur d'offenser un pape foible et une république infidèle, qui avoit toujours favorisé ouvertement les Impériaux, et un pape qui, bien que de mauvaise grâce, n'avoit osé résister à leurs volonté»*

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