DEUX PARTIS PROPOSÉS PAR MEDAVID
Ces deux si médiocres puissances sentoient bien alors la faute qu'elles* avoient faite, et trouvoient les Impériaux devenus de beaucoup trop forts; mais cette même raison les tenoit en crainte, je n'oserois dire et nous avec eux. Le trajet étoit court, facile, sans obstacle quelconque à appréhender, et toujours dans Tabondance, et Naples et Sicile étoient sauvés*. On en eût été quitte pour des cris de politique et pour des excuses de même sorte. On s'en fit des monstres; on aima mieux regarder tout d'un coup Naples et Sicile comme perdus.
L'autre parti fut considéré comme trop hasardeux.
On fit à l'égard de Medavid et de ses troupes, coupées d'avec la France, comme ces mères tendres jusqu'à la sottise, qui ne veulent pas laisser aller leurs enfants faire ou essayer fortune par des voyages de long cours, dans la crainte de ne les revoir jamais. On oublia la conduite des grands rois et des grands capitaines qui, après les plus désespérés revers, se sont roidis à se soutenir contre la fortune, et par un léger levain sont parvenus, à force de courage, d'art, de savoir se passer, se cantonner, se maintenir, à changer la face des affaires et à en sortir heureusement et glorieusement.
Vaudemont avoit le commandement d'honneur; Medavid, qui portoit tout le poids, l'avoit en effet. Le Milanoîs ne rapportoit plus à Vaudemont l'autorité ni l'argent qui le rendoient grand, depuis le malheur de Turin. Il avoit des sommes immenses, qu'il ne vouloit pas hasarder. On a vu ici ses perfides manèges du temps de Catinat et de Villeroy ; il avoit mieux couvert son jeu pendant celui de •Vendôme, en qui toute la confiance et l'autorité étoil passée, et avec lequel il avoit principalement songé à se lier. La mort de son fils unique sembloit avoir rompu ses chaînes. M. le duc d'Orléans, qui avoit eu les yeux fort