‹ Mémoires du duc de Saint-Simon publiésChapitre 153 sur 311 · COURTE RÉFLEXION · texte numérisé non relu

COURTE RÉFLEXION

tures le pourroient permettre. On verra parmi les pièces *, dans la négociation de M. de Torcy, quelles furent les prétentions de ce duc de Lorraine, et avec quelle ténacité elles furent soutenues par tous les alliés, la dissimulation et les artifices de ce prince, jusqu'à ce qu'il vît jour au Succès par la décadence où les malheurs de la guerre avoient jeté la France, et jusqu'à quel excès et sous quel odieux prétexte il porta et fit appuyer ses demandes.

Telle est la reconnoissance de la maison de Lorraine, si grandement et depuis si longtemps établie en France, vivant à ses dépens ; tels sont ces louveteaux, que le cardinal d'Ossat a dépeints si au naturel dans ses admirables Lettres; tel est le peu de profit qae nos rois ont tiré de la prophétie de. François I", en mourant, à Henri II son fils, que s'il n'abaissoit la maison de Guise, qu'il avoit trop élevée, elle le mettroit en pourpoint et ses enfants en chemise. A quoi a-t-il tenu qu'elle n'ait été vérifiée à la lettre, et que n'ont-ils pas fait depuis, tant et toutes les fois qu'ils l'ont pu, sans que nos rois aient jamais voulu ouvrir les yeux sur leur conduite, leur esprit, leur cœur, leur vœu le plus exquis, et des rois prodigues envers eux de toutes sortes de biens, de rangs, de charges, de gouvernemeats principaux et d'établissements de toutes les sortes? N'estce point là être frappé du plus prodigieux aveuglement?

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