‹ Mémoires du duc de Saint-Simon publiésChapitre 186 sur 311 · Page S73 de notre tome II · texte numérisé non relu

Page S73 de notre tome II

296 ARCHEVÊQUE DE BOUnOES CARDINAL. [1707]

Rome, et Tarchevêque de Bourges y avoit repris ses anciens errements avec les amis qu'il s*y étoit faits, sans courir de risque par sa liaison avec Torcy. Dans cette situation, il avoit imaginé de pousser le roi d'Angleterre de tirer au moins la nomination d'un chapeau des disgrâces qu'il essuyoitpour la religion, et de le persuader de la lui donner. Le Roi le découvrit, et soit qu'il eût des raisons pour ne vouloir pas pour lors que le roi d'Angleterre s'embarquât dans cette prétention, soit qu'il fût piqué que l'archevêque eût lié cette intrigue sans sa participation, il le trouva si mauvais que la chose fut arrêtée tout court. On le sut, et on ne douta pas d'une longue divSgrâce. L'archevêque fit quelques tours dans son diocèse, où il n'a jamais guère été qu'à regret, ni longtemps, ni souvent. 11 s'étoit fort italianisé à Rome, non pas à la vérité sur l'honneur, mais pour la politique, les manèges et les démarches sourdes et profondes, quoique avec peu d'esprit, mais un esprit tout tourné à cela et aux agréments du monde. 11 arriva, quelque temps après cette aventure, que Stanislas, reconnu partout pour roi de Pologne, hors à Rome, en considération de la conversion du roi Auguste lorsqu'il se fil élire, voulut essayer de s'y faire reconnoître par sa nomination au cardinalat, et d'en faire une affaire de couronne et de nation qui forçât le Pape. On sait que les évêques sont en Pologne les premiers sénateurs, qu'ils ne cèdent point aux cardinaux, qu'ils ne sont point curieux de l'être, et qu'à moins que d'être en même temps cardinal et archevêque de Gnesne, qui est le primat, à qui tout cède, un cardinal est fort embarrassé en Pologne : c'est ce qui rend cette nomination si aisée à obtenir aux étrangers dont nos cardinaux Ronzi et de Janson ont su profiter, pour y avoir été ambassadeurs. Stanislas chercha donc un sujet qui, par lui-même, pût aplanir les difficultés, l.ibre d'embarras du côté des Polonois, il choisit un François pour avoir l'appui de la France, qui ménageoit fort le roi de Suède, et un François supérieur des missions de Pologne en

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