EXPÉDITIONS HEUREUSES À LA MER
L'Empereur lui rendit la présidence du conseil et sa charge de grand maître de la cour du roi des Romains.
Fourbin se signala à la mer cette année : avec des vaisseaux plus foibles que les quatre anglois de soixantedix pièces de canon, qui convoyoient une flotte de dixhuit vaisseaux chargés de munitions de guerre et de bouche, qu'il trouva sur les côtes d'Angleterre^ comme il sortoit de Dunkerque, il prit deux vaisseaux de guerre, qu'il amena à Dunkerque avec ^ les dix-huit vaisseaux inarchands, après quatre heures de combat, et mit le feu à un des deux autres vaisseaux de guerre. Trois mois après il prit, à l'embouchure de la Dwine , dix-sept vaisseaux marchands hoUandois richement chargés pour la Moscovie. Il en prit ou coula à fond plus de cinquante pendant cette campagne. Depuis ce calcul, il prit encore trois gros vaisseaux de guerre anglois, qu'il amena à Brest, coula à fond un autre de cent pièces de canon, de cinq qu'ils étoient à convoyer une flotte marchande en Portugal, sur laquelle il lâcha nos armateurs, qui y firent bien leurs affaires et celles de M. le comte de Toulouse. Les Anglois de la Nouvelle-Angleterre et de la Nouvelle- York nefurent pas plus heureux à l'Acadie : ils attaquèrent notre colonie douze jours durant sans succès, et furent obligés à se retirer avec beaucoup de perte.
L'année marine finit par une tempête terrible sur les côtes d'Hollande, qui fit périr beaucoup de vaisseaux au Texel, et submergea beaucoup de pays et de villages. La France eut aussi sa part du fléau des eaux : la Loire se déborda d'une manière jusqu'alors inouïe, rompit les levées, inonda et ensabla beaucoup de pays, entraîna des villages, noya beaucoup de monde et une infinité de bétail, et fit pour plus de huit millions de dommages. C'est une obligation de plus qu'on eut à M. de la Feuillade, qui du plus au moins s'est perpétuée depuis. La nature, plus