‹ Mémoires du duc de Saint-Simon publiésChapitre 260 sur 311 · MORT DE LANGLÉE · texte numérisé non relu

MORT DE LANGLÉE

jolie maison du monde sous la terrasse de Meudon, avec des jardins fort agréables, qu'il trouva prête à habiter à son retour : on peut juger du plaisir de la surprise; c'est la même que M"* de Verue a eue depuis et qu'elle a tant embellie. Ce chevalier de Nogent étoit assez familièrement avec le Roi, mais depuis longtemps fort peu à la cour et dans le monde ; tout son mérite étoit son attachement à M. de Louvois. Il étoit frère de Nogent tué au passage du Rhin, maître de la garde-robe, beau-frère de M. de Lauzun, de Vaubrun tué lieutenant général au combat d'Alteinheim, cette admirable retraite que fit M. de Lorges à la mort de M. de Turenne, et de la princesse de Montauban. Leur père étoit capitaine de la porte, qui par son - esprit s'étoit bien mis à la cour, et fort familièrement avec le cardinal Mazarin et la reine mère. Leur nom étoit Bautru, de la plus légère bourgeoisie de Tours.

Langlée mourut aussi en même temps, sans avoir jamais été marié. J'ai suffisamment parlé de ce bizarre personnage p. 210*. Le monde y perdit du jeu, des fêtes et des modes, et les femmes beaucoup d'ordures. 11 laissa plus de quarante mille livres de rente, sa belle maison meublée et d'autres effets à M"* de Guiscard, fille unique de sa sœur.

En même temps mourut encore le comte d'Oropesa, retiré auprès de l'archiduc à Bçtrcelone, duquel aussi j'ai suffisamment parlé p. 246*.

Fort peu après mourut Montbron, que le servage à Louvois avoit élevé, et porté même dans la familiarité du Roi par la petitesse des détails. G'étoit un petit homme de mine chétive, d'esprit médiocre, mais tout tourné à faire, grand vanteur, parleur impitoyable, toutefois point malhonnête homme, assez bon officier et brave, que le Roi eût volontiers fait maréchal de France s'il eût osé, par la comparaison de Montai, du duc de Ghoiseul et d'autres,

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