‹ Mémoires du duc de Saint-Simon publiésChapitre 34 sur 311 · II. y a bien au msnkiisciii postiche, au singulier · texte numérisé non relu

II. y a bien au msnkiisciii postiche, au singulier

[1706] BERGHEYGK A VERSAILLES. 57

ne préjudicier point aux droits de sa femme, fille de M. et de M"* de Beauvillier, qu'ils ne conservèrent que trop scrupuleusement.

Bergheyck arriva de Flandres sur la fin de novembre. Chamillart le logea et le défraya, et le présenta le soir au Roi, chez M"' de Main tenon. D'abord baron, puis comte, à dire vrai, ni l'un ni l'autre qu'à la mode de nos ministres : c'étoit un homme de Flandres, et de meilleure famille qu'ils ne sont d'ordinaire, qui avoit travaillé dans les finances des Pays-Bas sur la fin de Charles II, que rélecteur de Bavière y trouva fort employé, et qu'il y continua à la mort du roi d'Espagne. Sa capacité et sa droiture donna confiance en lui ; sa fidélité et son zèle y répondirent, avec beaucoup d'esprit, de sens, de lumière, de justesse, une grande facilité de travail et d'abord, beaucoup de douceur avec tout le monde et dans la manière de gouverner, une grande modestie, un entier désintéressement et beaucoup de vues. 11 se pouvoit dire un homme très-rare, et qui avoit une connoissance parfaite non-seulement des finances, mais de toutes les affaires des Pays-Bas, et de tout ce qui y étoit et pouvoit y être employé ; avec tous ces talents grand travailleur et fort appliqué, et qui avoit une exactitude ^t une simplicité en tout singulière. Il fut bientôt mis au timon des affaires de ces pays-là pour l'Espagne.

C'étoit un homme qui ne s'avançoit jamais, qui ne parloit jamais aussi contre sa pensée, mais ferme dans ses avis, et qui les mettoit en tout leur jour, obéissant après qu'il avoit dit toutes ses raisons, tout comme s'il les eût suivies, et non par des ordres contraires ou différents de ce qu'il avoit cru et exposé comme meilleur. Il fut longtemps en première place. 11 vécut plusieurs années content et retiré depuis l'avoir quittée, et ne se mêlant plus de rien ; fort homme de bien, point du tout riche, et n'ayant jamais rien fait pour sa famille. On auroit tiré de lui de grands et d'utiles services si on Favoit toujours cru, surtout sur les fins, et qu'on s'en fût

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